Observatoire Géostratégique

numéro 284 / 25 mai 2020

ORIENT-ATIONS 282

REPONSE DE ROGER AKL A UNE AMIE AMERICAINE

Bonjour MaryAnne,

Nous allons aussi bien qu’on peut l’être, prisonniers, seuls, à la maison. J’espère que tu vas bien de ton côté et je te remercie pour le mail où tu m’as envoyé l’article sur le Corona.

Ici, j’en arrive à ma réponse à ta question sur cette "pandémie" mondiale.

Dès le début, je pensais que ce virus paraissait trop utilisé pour des raisons politiques, entre la Chine et les Etats-Unis, puis il intervint en Iran, et ensuite en Italie et l’Europe, puis le monde entier, ce qui le fait paraître avoir été créé pour une guerre bactériologique, qui aurait raté son but initial et le missile se serait retourné aussi contre l’envoyeur.

Or, en France, il y a un docteur Raoult qui a fait ce qu’il fallait pour soigner la maladie avec l’Hydroxychloroquine qui était produit par Sanofi et vendu dans les pharmacies à très bon marché. Non seulement, le gouvernement en a interdit la vente, mais aussi, la permission aux médecins de le conseiller, alors que ce médicament est utilisé dans le monde entier, avec succès, contre ce virus. Enfin, les actions des gouvernements d’Occident ont tellement semblé, à la fois, maladroites et dictatoriales, qu’elles donnèrent l’impression de vouloir apeurer tellement les gens que beaucoup pensèrent à une recherche de dictature globale.

Tu sais que je suis croyant et, à ce moment-là, j’ai commencé à me dire que c’est une affaire trop grande, trop mondiale, pour être simplement humaine.

En même temps, les accusations commencèrent à fuser de partout que, justement, on recherchait à faire peur aux gens pour leur faire accepter cette dictature globale.

C’est aussi, à ce moment, qu’on raconta que, déjà aux Etats-Unis et en Europe, il y avait des politiciens et penseurs qui avaient prophétisé une pandémie globale, pour 2020, et même qu’elle commencerait en Chine.

Justement, parmi ceux-là, il y a Bill Gates qui propose de créer un vaccin obligatoire dans lequel il y aurait une puce sous-cutanée, sans laquelle on ne pouvait pas sortir en toute liberté.

Voilà. Je t’envoie le site sur Bill Gates en Anglais et un site d’un prêtre catholique qui parle justement de la prophétie de l’Apocalypse de saint Jean (13, 16-17) dans laquelle "tous recevraient une marque sur la main ou sur le front appartenant à la Bête".

Comme pour renforcer cette idée d’une guerre eschatologique, dans le monde, nous voyons depuis des années que des guerres qui se font par et contre les religions du Dieu unique qu’elles soient juive, chrétienne ou musulmane et aussi dans le but idéal de les faire se massacrer entre elles.

En France, Notre Dame, n’est pas la seule cathédrale à avoir été brûlée, loin de là… et aujourd’hui, nous, chrétiens, ne pouvons pas aller à la messe, même pas au Vatican, Peut-être, quand nous serons vaccinés avec le signe de la Bête, nous sera-t-il permis ?! Mais alors Big Brother pourra nous espionner et nous faire obéir à sa guise.

La crise actuelle et la marque de la bête – gloria.tv

https://gloria.tv/post/4aKGeWtsc3J4AHamAxjjBnWAp

Bill Gates Calls for a “Digital Certificate” to Identify Who Received COVID-19 Vaccine

https://vigilantcitizen.com/latestnews/bill-gates-calls-for-a-digital-certificate-to-identify-who-is-vaccinated/

https://lesakerfrancophone.fr/bill-gates-reclame-un-certificat-numerique-pour-identifier-les-personnes-vaccinees-contre-le-covid-19
 
 
LA MASCARADE DE LA RÉPUBLIQUE DE KIM JONG MACRON – Jean Daspry. « Quand on a dépassé les bornes, il n’y a plus de limites » (Alfred Jarry). Depuis le début du confinement décrété par Jupiter et sa mauvaise troupe, il ne se passe pas une journée sans qu’un nouveau coup de canif ne soit donné au socle des droits fondamentaux inaliénables du citoyen. Mais, l’on nous explique que c’est pour la bonne cause, la lutte contre le fourbe Covid-19. L’état d’urgence sanitaire, décrété depuis et prolongé jusqu’au 24 juillet 2020, est plus qu’un état d’urgence. Tout ce qui était formellement interdit hier dans la patrie autoproclamée des droits de l’homme est aujourd’hui toléré au nom de la violation des droits de l’homme, et cela pour le plus grand bien de l’homme. C’est bien connu, appuyez-vous sur les principes, ils finiront bien par céder. Grâce au sésame qui a pour nom confinement, nos piètres gestionnaires violent le droit, la vérité, le mobilier national et baignent dans le conflit d’intérêt. Qu’en adviendra-t-il lors du déconfinement ?1

LE NOUVEAU VIOL DU DROIT : ÉDOUARD PHILIPPE

Jamais depuis le régime de Vichy, autant de droits fondamentaux et de libertés publiques n’ont été bafoués dans le plus grand silence, hormis quelques rares professeurs de droit public (Paul Cassia, Roseline Letteron) qui se sont émus de cette situation qui ramène la France au rang d’une démocrature qu’elle critique habituellement2. Ce que à quoi, il faut ajouter que les contre-pouvoirs traditionnels – dans une démocratie digne de ce nom – ne jouent leur rôle de modérateur, de canalisateur de dérives institutionnelles et juridiques. L’Assemblée nationale est une annexe de la République en godillots. Le Conseil constitutionnel évolue entre le droit et, surtout, le tordu. Le Conseil d’État est une justice couchée et aux ordres. Faute de frein, la pédale d’accélérateur fonctionne à plein régime pour asservir les citoyens qui n’en peuvent mais3.

LE NOUVEAU MINISTÈRE DE LA VÉRITÉ : SIBETH NDIAYE

Plus de trente rédactions dénoncent l’initiative gouvernementale consistant à reproduire, sur un site officiel de la République, un florilège d’articles estampillés fiables, consacrés au Covid-19. Elles demandent que cette rubrique soit supprimée sans délai.

« Les sociétés des journalistes (SDJ) et sociétés des rédacteurs (SDR) signataires du présent texte dénoncent avec la plus grande fermeté l’initiative gouvernementale consistant à reproduire, sur un site officiel de la République, un florilège d’articles estampillés fiables, consacrés au Covid-19. La presse française est indépendante de l’État et du pouvoir politique. Elle doit même exercer, dans sa pluralité et sous l’œil critique de ses lecteurs, auditeurs et téléspectateurs, son rôle de contre-pouvoir. Les journalistes sont, comme le souligne la Cour européenne des droits de l’homme, les « “chiens de garde” de la démocratie ». En distinguant tel ou tel article sur son site, le gouvernement donne l’impression, dans un mélange des genres délétère, de labelliser la production de certains médias. Selon cette même logique, les autres ne seraient pas dignes d’un imprimatur que l’État n’a pourtant aucune légitimité à délivrer dans un pays où la liberté de la presse est une liberté fondamentale.  Ce faisant, le pouvoir actuel démontre, une fois encore, la défiance qu’il nourrit à l’endroit d’une presse libre et plurielle. Les SDJ et SDR signataires du présent texte demandent donc que cette rubrique du site www.gouvernement.fr soit supprimée sans délai »4. Vive le ministère de la vérité d’Orwell !5 Aux dernières nouvelles, le gouvernement aurait renoncé à son projet liberticide6.

LE NOUVEAU VOL DU MOBILIER NATIONAL : BRIGITTE MACRON

C’est peu dire qu’entre le Second Empire et la Ve République, il y a des points de ressemblance innombrables.  Quiconque suit l’actualité peut en déceler des indices quasi quotidiens. Un système de pouvoir personnel et autoritaire, des obligés du Palais experts en gestes de courtisanerie en tous genres, une presse servile détenue par les dignitaires du régime : chaque jour qui passe en apporte une nouvelle illustration. La place occupée sur la scène publique par l’épouse du chef de l’État constitue aussi l’un de ces indices nombreux suggérant que la France baigne toujours dans une culture néo-monarchique. La preuve, c’est cette stupéfiante mise en scène à laquelle on vient d’assister ces derniers jours au profit de Brigitte Macron7. Dans un premier élan, on serait tenté d’en sourire, tant cette médiatisation organisée paraît maladroite. Mais derrière cette mise en scène, il y a un fait plus grave qui, lui, n’a rien d’anecdotique : le projet de privatisation de pièces du Mobilier national, dans des conditions de légalité qui apparaissent incertaines. Le directeur du Mobilier national veut organiser une vente aux enchères au profit de la Fondation Hôpitaux de France présidée par l’épouse du locataire de l’Élysée. Problème : le mobilier national est inaliénable, et si de rares exceptions sont possibles, les recettes tombent normalement dans les caisses de l’État. 8 Dans quel monde évolue la première Dame de France, Brigitte Trogneux ?

LE NOUVEAU CONFLIT D’INTÉRÊT : GUILLAUME PÉPY

La fébrilité gagne. À 48 heures du vote de confiance sur le renouvellement du conseil de surveillance de Lagardère qui permettra à Arnaud Lagardère d’être ou non reconduit à sa tête, les dernières manœuvres, les ultimes pressions battent leur plein9. Les actionnaires qui ses voient refuser leur droit de votre reçoivent une explication abracadabrante de BNP Securities « Vos actions sont en phase de rétention. Qu’est-ce la phase de rétention, c’est une phase transitoire où vos actions sont inscrites chez nous en tant qu’émetteur mais elles ne donnent pas des droits de vote en face parce qu’elles sont nominatives et que vous n’avez pas eu en face de compensation. C’est en cours de traitement par un algorithme. Cela vous avez les actions mais vous n’avez pas les droits de vote associé ». Comprenne qui pourra ! L‘Autorité des Marchés Financiers (AMF) n’avait, en tout cas, rien saisi car elle a ordonné à Lagardère de libérer les droits de vote liés à ces actions. Des conférences téléphoniques ont été organisées en urgence avec des fonds institutionnels comme Amundi, DNCA, Vanguard et les agences de conseil en vote omme ISS ou Proxynvest. Patrick Valroff, président du conseil de surveillance, Gerard Adsuar, directeur financier et Guillaume Pépy, président de la SNCF, il y a encore quatre mois, proposé depuis le 17 février 2020, au conseil de surveillance de Lagardère. Tous sont chargés d’apporter la bonne parole en défendant la stratégie actuelle du groupe. Ce que la plupart des participants de ces « conf call » ignorent, c’est que l’ancien patron de l’entreprise publique se retrouve au centre d’un conflit d’intérêts majeur. Président de la SNCF jusqu’au 31 octobre 2019, Guillaume Pépy s’apprête à rejoindre une société avec qui la société publique a établi une coopération très étroite lui assurant un chiffre d’affaires important et régulier. Il connait mieux que quiconque l’étendue de cette collaboration puisqu’il en a été le principal artisan ces quinze dernières années. Directeur général exécutif de la SNCF en 2003, Guillaume Pépy en aura été le président dès 2008 quand Nicolas Sarkozy le nommera, sur la suggestion d’Alain Minc à ce poste où il sera par François Hollande en 2014. Ce président a donc, de par sa fonction, entériné tous les contrats que l’entreprise publique, à travers ses filiales, a passé avec les filiales du groupe Lagardère pour mettre en place et développer les Relay H dans les gares. Guillaume Pépy a été le patron d’une entreprise publique, détenue à 100% par l’État, qui opérait sur un marché non concurrentiel. Sa nomination résulte d’un décret pris en conseil des ministres. Il reste, donc contraint de respecter toutes les règles ayant trait à la transparence de la vie publique et aux conflits d’intérêts. Le titulaire du plus haut emploi dans les établissements publics à caractère industriel et commercial, comme l’était la SNCF, avant son changement de statut le 1er janvier 2020, était et reste soumis aux dispositions du statut général des fonctionnaires précisé dans l’article 25 de son titre 1. Pendant les trois années suivant la fin de son mandat, Guillaume Pépy doit donc s’interdire de prendre tout emploi ou fonction susceptible de générer un conflit d’intérêts. Peu importe peu qu’il ait pris une décision l’avantageant ou que ses fonctions d’administration ou de surveillance impliquent des pouvoirs décisionnels, il suffit pour que le conflit d’intérêt soit constitué que Guillaume Pépy ait pris part, d’une manière quelconque, à une affaire relevant de sa compétence, par exemple en donnant un simple avis (Art 432-13 du code pénal). La notion juridique du confit d’intérêt est, en effet, particulièrement restrictive. Si l’on prend prend, par exemple, deux fonctions déjà assumées par Guillaume Pépy: l’appartenance à Qadran, une association qui a pour objet de développer des liens entre la France et le Qatar et la SNCF en est le sponsor, et la présidence du conseil France Qatar du Medef International qu’il assure, la question se pose de savoir si leur exercice est susceptible d’altérer son jugement. Le code des transports auquel sont soumis les hauts fonctionnaires de la SNCF est aussi parfaitement clair : « Les membres du conseil de surveillance ou du conseil d’administration du gestionnaire d’infrastructure, ainsi que les dirigeants qui leur rendent directement compte, agissent de manière non discriminatoire, et leur impartialité ne doit être affectée par aucun conflit d’intérêts. » (Art L2122-4-1-1). Les actionnaires, les 35 000 salariés du groupe ne peuvent pas imaginer qu’un homme « aussi avisé » que l’est Guillaume Pépy n’ait pas pris toutes les précautions juridiques avant d’accepter le poste que lui a proposé Arnaud Lagardère. Tous se demandent pourquoi l’ancien président de la SNCF ne les a pas tenus informés des résultats de la saisine éventuelle de la Haute Autorité de la Transparence de la Vie Publique qui a succédé à la commission de la déontologie. Comme Guillaume Pépy percevra 40 000 euros par an comme membre du conseil de surveillance et 100 000 s’il en devenait président, comme on lui en prête l’intention, ils sont quelques-uns à vouloir s’assurer que cette rémunération ne sera pas considéré comme le prix d’un service rendu ou à rendre. A n’en pas douter, Jean Pierre Farandou, le nouveau président de la SNCF, devra tirer cette affaire au clair s’il entend poursuivre avec Lagardère une collaboration ténue que celle que la SNCF a noué avec cette entreprise privée. Sauf à voir les syndicats se saisir de l’affaire pour instruire le procès de la privatisation de l’entreprise publique et du dépouillement de ses actifs, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, devra, lui aussi, soulever la question de ce conflit d’intérêt. Si la nomination de Guillaume Pépy devait, malgré tout, être entérinée, la question se posera toujours de savoir quels seront les dossiers sur lesquels il devra se déporter pour ne pas rentrer en conflit d’intérêts avec l’entreprise publique. S’il lui sera difficile sinon impossible d’intervenir, en France, sur le Retail et les Relay H, Guillaume Pépy pourrait aussi connaître quelques problèmes sur la scène européenne dans la mesure, où avec l’ouverture de la concurrence, la SNCF pourra intervenir sur tous les marchés où le rail la conduira. Ce qui compromettra le développement de Lagardère Retail dans toutes les gares de l’Union européenne. Quand on brigue la présidence du conseil de surveillance d’une entreprise qui collabore étroitement avec la SNCF, on doit bien livrer aux actionnaires comme au public, quelques éclaircissements sur les tenants et aboutissants d’une collaboration aussi ancienne. L’histoire le mérite tant elle se confond avec celle de la révolution industrielle française. C’est vers 1845 que Louis Hachette, convaincu que les voyageurs aimeraient lire dans les trains, persuada les Chemins de fer français d’installer des bibliothèques de gares. Pendant cent cinquante ans, la SNCF octroya donc au groupe Hachette des espaces lui permettant de vendre des livres et de la presse. Tout cela se fît de gré à gré, les concessions étant généralement conclues pour des périodes renouvelables de 7 à 10 ans. Tout changea en mars 2013 , quand, droit de la concurrence oblige, Gares et connexions, la filiale immobilière de la SNCF lança un appel d’offres pour concéder les 300 points de vente gérés par les Relay H dans les gares françaises. Pour ouvrir, le jeu, la consultation fût divisée en deux lots, le Nord, avec 220 points de vente, et le Sud, avec 85, afin d’ouvrir le jeu. Lagardère emporta le marché mais il fallait aller un peu plus loin et sécuriser Lagardère en scellant un véritable mariage entre les Relay H, filiale de Lagardère Retail, et la SNCF. Guillaume Pépy et Lagardère décidèrent donc de créer une société commune en 2014, destinée à exploiter les 307 points de vente installés dans les gares. SNCF Participations ( a holding de l’entreprise) et Lagardère Services ont créé une filiale commune , détenue à 50/50 dans laquelle ils disposent des mêmes droits de vote et de la parité dans les organes de décision. Dans le protocole d’accord du 17 février 2014, communiqué au vice- président de commission européenne Joaquin Almedia, le rôle hégémonique de Lagardère sur la SNC, est ainsi détaillé : « Relay France assumera un rôle prépondérant dans la mise en œuvre du processus de marketing et de vente de la Société Commune . En ce qui concerne les produits “Autres Activités”, la Société Commune achètera tous ses produits à Relay France, via sa centrale d’achats Relay France, au titre du contrat de sous-occupation passé avec la Société Commune, qui commandera, étant détenteur des licences nécessaires à cet effet, et commercialisera directement ces produits, avec ses propres moyens et son propre personnel ». En d’autres termes, la SNCF a décidé, à l’époque, de retirer de la procédure d’attribution des marchés publics des centaines de points de vente installés sur le domaine du service public pour les exploiter, en commun, avec Lagardère. L’entreprise publique n’était pas lésée financièrement puisqu’elle en partage les bénéfices mais elle a fermé le jeu sur le marché français tout en assurant au groupe Lagardère un confortable chiffre d’affaires que Michel Pérol, directeur général de Lagardère Retail en 2015, estimait à 400 millions d’euros. En nommant Guillaume Pépy au conseil de surveillance, les actionnaires de Lagardère fourniraient, selon les observateurs, l’occasion au président de la SNCF de remettre cet accord en jeu. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître aux yeux de nombreux juristes, le groupe Lagardère ne voit pas les conséquences qui pourrait découler de cette nomination. Mieux même, elle met en exergue l’action que Guillaume Pépy a mené au profit de la SNCF et de Lagardère et la salue. On peut ainsi lire à la page 51 de la brochure de présentation de l’Assemblée Générale : « La carrière de M. Guillaume Pepy, son expérience de leadership au sein d’un groupe en phase de transformation et de modernisation profonde, sa connaissance directe des métiers du travel retail et du digital et son réseau en France et à l’international seront particulièrement bénéfiques pour le fonctionnement du Conseil de Surveillance ». En d’autres termes, les actionnaires Lagardère sont invités à nommer Guillaume Pépy au conseil de surveillance pour qu’il partage avec le groupe sa « connaissance des métiers » de la vente au détail et du numérique qu’il a appris quand il était patron de la SNCF avec Lagardère. Cette nomination soulève donc clairement la question de savoir si celle-ci ne rentre pas dans le cadre de l’art 25 de la loi du 20 avril 2016 comme « toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts publics ou privés qui est de nature à influencer ou paraître influencer l’exercice indépendant, impartial et objectif de ses fonctions ». Rappelons que toute personne coupable d’un tel délit est passible d’une peine de 5 ans d’emprisonnement et de 75000 euros d’amendes. En proie à un double raid boursier mené par le fonds actif Amber et Vincent Bolloré, en prise avec une crise économique qui devrait réduire son chiffre d’affaires d’un tiers en 2020, le groupe Lagardère n’a nul besoin de voir naître une nouvelle affaire qui impliquera les plus hautes instances de l’Etat. À défaut de faire basculer le vote des actionnaires d’un côté ou de l’autre, cette ultime péripétie jettera le doute sur la capacité de la gouvernance de Lagardère à gérer une affaire sur le plan juridique. Le rang des indécis, c’est-à-dire de ceux qui vont voter blanc, pourrait encore grossir. Ne dit-on pas que le Qatar, désireux de préserver des liens avec le fonds Amber et Bolloré  envisagerait de s’abstenir sur certaines résolutions proposées par Lagardère? Pour cet émirat, l’affaire de l’attribution de la coupe du monde de football se suffit déjà en soi-même sans qu’il besoin d’en rajouter une autre. S’il prenait du recul, le Qatar suivrait l’attitude de la Caisse des Dépôts et consignations à qui l’on a demandé, à l’instigation d’Emmanuel Macron, de rester prudemment à l’écart10. Tout ceci se passe de commentaires…Aux dernières nouvelles, Arnaud Lagardère aurait remporté une manche face au fonds Amber11.

« Il n’y a qu’une chose que les hommes préfèrent à la liberté, c’est l’esclavage » (Dostoïewski). Nous y sommes précisément aujourd’hui avec un confinement qui confine à une dictature masquée mais dont il faut bien faire tomber les masques au moment où l’on nous demande de les porter. Nous sommes au cœur d’un énième scandale d’État sous le régime de la République en marche arrière et de ses affidés qui commencent petit à petit à quitter le radeau de la méduse. « Président du désordre, de la pénurie et du mensonge, Emmanuel Macron a manqué aux devoirs de sa fonction dans l’épreuve du Covid-19. La destitution de ce présidentialisme archaïque est un impératif politique afin de fonder une République vraiment démocratique »12. Telle devrait être la conséquence logique de la mascarade de la République de Kim Jong Macron ! Mais, nous n’en sommes pas encore là sauf si un imprévu, un petit rien venait mettre un grain de sable dans la mécanique jupitérienne.

1 Olivier Faye/Alexandre Lemarié/Cédric Pietralunga, L’exécutif confronté aux périls du déconfinement, Le Monde, 5 mai 2020, p. 11.
2 Editorial, Protéger les libertés publiques, Le Monde, 5 mai 2020, p. 30.
3 Béatrice Gurrey (propos recueillis par), Rony Brauman : « Les mesures d’ordre policier ne sont pas tenables durablement », Le Monde, 5 mai 2020, p. 6.
4 La SDJ de mediapart, L’État n’est pas l’arbitre de l’information, www.mediapart.fr , 3 mai 2020.
5 Aude Dassonville, Le site gouvernemental contre les infox liées au Covid-19 irrite les médias, Le Monde, 5 mai 2020, p. 17.
6 Les guignols de l’infox, Le Canard enchaîné, 6 mai 2020, p. 8.
7 Bruno Jeudy (rencontre exclusive), Brigitte Macron confinée et engagée. À l’Élysée, elle se bat pour les hôpitaux, Paris Match, 30 avri-6 mai 2020, pp. 1 et 34 à 41.
8 Laurent Mauduit, Brigitte Macron, en son palais, privatise le mobilier national, www.mediapart.fr , 3 mai 2020.
9 Sandrine Cassini, Lagardère ou Amber, les jeux sont (presque faits), Le Monde, 5 mai 2020, p. 20.
10 Emmanuel Schwarzenberg, Guillaume Pépy en conflit d’intérêt chez Lagardère, Le Blog d’Emmanuel Schwarzenberg, www.mediapart.fr , 3 mai 2020.
11 Sandrine Cassini, Arnaud Lagardère aurait remporté une manche face au fonds Amber, son premier actionnaire, Le Monde, 7 mai 2020, p. 17.
12 Edwy Plenel, L’étrange défaite du macronisme. Le président destitué, www.mediapart.fr , 4 mai 2020.
 
 
LE BREXIT MASQUÉ PAR LE COVID – Guillaume Berlat. « L’habitude, ce confort mortel » (François Mitterrand). Manifestement, les mauvaises habitudes ont la vie dure, y compris lorsqu’il s’agit du traitement des grandes questions de relations internationales. En dépit de leur gravité, elles sont écrasées par la place exclusive qu’accordent les médias moutonniers à la crise du coronavirus, depuis plusieurs semaines. Nous avons la nette impression que plus rien au monde n’existe en dehors de la propagation aux quatre coins de la planète du virus aux yeux bridés. Le monde s’efface devant ce touriste indésirable. Il y a plus d’un mois, nous avions estimé nécessaire d’accorder une place de choix à la question du divorce du Royaume-Uni avec l’Union européenne sous un angle conceptuel13. Le sujet est important, d’autant plus important que c’est la première fois qu’un passager du navire Europe quitte le bord avec perte et fracas, assumant les conséquences de pareille rupture. Chaque mois qui passe écrit un nouvel épisode d’un feuilleton – « psychodrame national depuis quatre ans » – qui paraît sans fin tant l’incompréhension l’emporte sur le souci du compromis14. Le négociateur en chef européen, le crétin des Alpes, notre compatriote, Michel Barnier avait oublié, oublie encore que les Britanniques sont de redoutables adversaires qui ne sont pas portés au sacrifice de leurs intérêts bien compris sur l’autel d’une certaine idée de l’Europe. Ils ne cessent de creuser leur chemin, se moquant des oukases, des rodomontades de l’Union et de son négociateur incompétent. Covid-19 ou pas Covid-19, ils avancent leurs pions avec une constance qui mérite louange. D’autant plus que les Vingt-Six ne cessent de se quereller sur toutes les sujets que génère la crise du Covid-19. En réalité, ils ne sont d’accord que sur un point, le désaccord. L’Union donne, plus que jamais, le spectacle de la désunion15. Du reste, certains n’hésitent plus à envisager son acte de décès. Question qu’il était impensable et incongrue de poser avant l’arrivée du cavalier masqué, ce zorro cru 2020, qui a pour nom coronavirus. Ceux qui nous affirmaient, avec morgue, que seule une femme à la tête de la Commission européenne pourrait redresser la barre du bateau ivre dirigé hier par un Luxembourgeois aviné en sont aujourd’hui pour leurs frais. La Dame venue tout droit de Berlin ne fait pas mieux, si ce n’est pire, que son illustre prédécesseur bercé dans un paradis fiscal16. À observer le triste spectacle de la débandade européenne, les eurosceptiques britanniques redonnent de la voix (« Get Brexit done » pour réalisons le Brexit). Ils estiment que le choix de quitter la pétaudière européenne est de plus en plus justifié. À quoi bon s’accrocher, comme une moule à son rocher, au radeau de la méduse ? Mieux vaut fermer la parenthèse de l’appartenance à l’Union en assumant les conséquences d’un divorce que Bruxelles promet coûteux pour les sujets de Sa Majesté la Reine d’Angleterre. Il serait inconscient de penser que le Covid-19 (qui a mis sur le flanc, Boris Johnson mais qui n’a pas entamé sa popularité) serait de nature à faire renoncer les Britanniques à leur projet de divorce. Nos bons apôtres, qui n’avaient pas vu venir le Brexit, ne comprennent toujours rien à l’exceptionnalisme des Anglais. Pire encore, les Britanniques font assaut d’intransigeance vis-à-vis des exigences de la mauvaise troupe européenne dirigée par l’homme qui ne tient que par son costume. Ils viennent d’envoyer sur les roses notre politicard nullissime qui avait la prétention de leur faire avaler son projet d’accord global, en particulier le troc respect des normes contre accès au marché européen. Les experts, qui se sont trompés sur toute la ligne depuis le début de la négociation, nous expliquent qu’il s’agirait de simples postures britanniques et que Londres irait à Canossa avant la date butoir du 30 juin prochain, voire jusqu’au report envisageable jusqu’au 31 décembre 2020. À toute chose, malheur est bon, pensent les Britanniques. Et si la pandémie de Covid-19 s’avérait être un atout pour Londres ? En effet, les Européens paraissent plus divisés que jamais. Chaque État membre se souciant peu de l’intérêt général européen, se focalisant sur ses intérêts nationaux bien compris. De plus, la priorité donnée au virus éclipserait les inconvénients d’une négociation mal ficelée. Manifestement, plus pragmatiques et moins idéologues que les Européens, les Britanniques sont opportunistes. Ils disposent d’une stratégie claire, ce qui fait défaut à leurs homologues qui font preuve d’une « imbécilité technique ». Ils pensent en tirer le meilleur profit pour la suite en roulant dans la farine l’équipe de Vingt-Sept branquignols dirigée par une Commission affaiblie, déboussolée et un Michel Barnier dont la suffisance n’a d’égal que son insuffisance. L’Union pratique à merveille la Coronavigation en air trouble. « Les faits ne cessent pas d’exister parce qu’on les ignore » (Aldous Huxley). Qu’on le veuille ou non, le Covid ne parviendra pas à masquer le Brexit quoi qu’en disent et fassent les comiques de la technopole de Bruxelles et leur clown en chef17.

13 Guillaume Berlat, Y’a pas que le Covid-19 dans la vie : cinq leçons du Brexit…, www.prochetmoyen-orient.ch , 13 avril 2020.
14 Philippe Bernard, Le Covid ne tuera pas le Brexit, 30 avril 2020, p. 28.
15 Sylvie Kauffmann/Virginie Malingre/Jean-Pierre Stroobants, Les « somnambules » de l’Europe, Le Monde, 2 mai 2020, pp. 22-23.
16 Virginie Malingre, Le difficile baptême du feu de « VDL », Le Monde, 2 mai 2020, p. 23.
17 Alexandre Counis, Le Royaume-Uni et les États-Unis entament des négociations pour un accord commercial, Les Échos, 6 mai 2020, p. 8.
 
 
CATALOGUE DES PENSÉES INTROUVABLES – Jean Daspry. Plus le huis clos du confinement se prolonge, plus il est utile, si ce n’est incontournable, de se plonger dans l’univers ubuesque de nos dirigeants ! Rien ne vaut une immersion dans ce qu’ils ont osé nous dire avec une mâle assurance. D’Agnès Buzyn (« Le risque d’introduction en France de cas de cet épisode est faible », 21 janvier 2020) à son successeur à la tête du ministère des Solidarités et de la Santé, Olivier Véran : « La France dispose de stocks massifs de masques chirurgicaux… », 24 février 2020), l’on constate que le ridicule ne tue toujours pas18. En prenant un minimum de hauteur et de recul, le diagnostic que nous pouvons porter sur notre élite est accablant.

Nos politiques, donneurs de leçons devant l’Eternel à la planète toute entière, ont fait très fort au cours des dernières semaines, des derniers mois. Un festival d’erreurs, de bourdes, de mensonges, de contre-vérités, d’improvisation d’impréparation d’impéritie…. que l’Histoire, avec un grand « H », jugera le moment venu avec le recul nécessaire. Tentons d’en dresser un bref florilège pour nous distraire en ces périodes de réclusion forcée !

Le moins que l’on puisse dire est que nos brillants dirigeants (dé)formés et formatés au sein de l’école nationale de l’arrogance (ENA) ont démontré leur incapacité structurelle à affronter l’incertitude, l’imprévu, le tragique. Ils sont formés « pour être des marins d’eau douce ». Et les voilà subitement propulsés sur une mer déchaînée cernée par des récifs. Que font nos brillants énarques Macron et Philippe ? « Ce qu’ils ont appris à faire. De leur mieux ». Ce qui signifie plus concrètement naviguer à vue, sans cap ni boussole, voire sans gouvernail, uniquement mus par le court-termisme, « l’abandon aux lois prétendues universelles du néo-libéralisme », l’adoration de la religion de la com’… Tout cela parce qu’ils étaient incapables de « protéger, tester, isoler »19. Rien à voir avec les déclarations mensongères de la Secrétaire générale de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), Claire Landais (par hasard, un conseiller d’État qui n’a plus mis les pieds au Palais-Royal depuis des lustres !) lors de son audition du 30 avril 2020 par la Commission de la Défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale. Le communiqué de presse publié à l’issue de ce moment de guignolade est ainsi libellé : « La réponse de l’État à la crise n’a ‘souffert d’aucun temps de latence’ ». Claire Landais, c’est Gamelin en pire. Il est vrai que le Conseil d’État est la meilleure formation à la pratique éhontée du mensonge d’État…

Le moins que l’on puisse dire est que nous sommes en présence d’une « débâcle à la française ». Un exercice dans lequel nous excellons ! Nous avons été, et sommes encore, dans le peloton de queue des plus mauvais élèves de la classe planétaire. « Totale absence de prévision parmi les responsables gouvernementaux (Cf. les facéties d’Agnès Buzyn) … prévoyance insuffisante de leurs prédécesseurs, hésitations et contradictions multiples du président Macron, véritable Hamlet errant au bord du Rubicon, qui rendent ridicules les rodomontades guerrières de ses discours… » 20. Avec un tel bilan pour le moins aussi indigne que catastrophique (« un juin 40 sanitaire »), le moins que l’on serait en droit attendre serait au moins un acte de contrition suivi d’un brin d’humilité alors que nos plus hautes autorités étaient dûment informées de la situation sanitaire à Wuhan par notre ambassadeur à Pékin21. Vous n’y pensez pas. La seule réponse de cette Noblesse d’État consiste à se complaire dans le prurit législatif et réglementaire classique. Alors que l’homme qui est en train de se noyer réclame une bouée de sauvetage, sur le bord, le secouriste procrastine avant d’envoyer le cercle salvateur. Il vérifie si la bouée répond aux normes de l’ARS, de l’AFNOR, de la DGA ou de quelques bidules inconnus avant de se jeter à l’eau, au sens figuré du terme. C’est à qui sera le plus créatif pour engraisser le mammouth au lieu de le dégraisser. Cerise sur le gâteau, nous avons droit à une querelle picrocholine sur les vertus ou les dangers de l’hdroxychloroquine (entrant dans la composition de la nivaquine que connaissent bien tout ceux qui se sont rendus en Afrique et qui voulaient se prémunir contre les risques de paludisme) proposée par le Professeur Raoult, promptement affublé du surnom peu flatteur de « savant de Marseille » par la Caste germanopratine. Celle qui ne connaît rien à la médecine et à l’épidémiologie mais qui parle de ce qu’elle ne connaît pas avec une mâle assurance.

Le moins que l’on puisse dire est que le pêché mortel de l’esprit français, c’est la préférence pour l’abstraction et la généralisation. Lui fait cruellement défaut, la recherche du pragmatisme et de la réactivité, en particulier au regard de l’attitude générale de la Chine22 et de son non-respect de ses engagements souscrits lors de son adhésion à l’OMS23. Dans l’Hexagone, on a une prédilection pour « épouiller les moucherons avec une pince à épiler »24, pour éviter d’employer une expression plus triviale. Ce que l’anthropologue suisse, Jean-Dominique Michel qualifie « d’imbécilité technique » accompagnant un défaut systémique d’intelligence collective. Ce travers se double d’une stérilisation de la pensée, du déni du réel25. Cette incapacité à réagir aux crises. Cette absence de politique sanitaire digne de ce nom26. Cette propension à affirmer, envers et contre tout, que l’on a raison alors que l’on sait avoir profondément tort. Un cynisme politique plus éclatant que jamais Que nous assenait-on, par ailleurs, ce mantra de l’Europe qui protège des ennemis de l’extérieur ? Nous avons découvert à l’occasion de la pandémie ce que cette chimère recouvrait véritablement : ces comptables qui nous gouvernent et qui sont hors-sol. Quand va-t-on en finir avec cette mascarade d’une Europe parée des plumes du paon ?27 L’Union européenne, c’est avant tout le passé d’une illusion, l’avenir d’un cauchemar. L’Europe des somnambules ou les somnambules de l’Europe ?28 L’Europe, c’est surtout la chronique d’un désenchantement annoncé. La Cour constitutionnelle de Karlsruhe vient de rappeler à l’ordre prussien la Banque centrale européenne dirigée par une bécasse française, du nom de Christine Lagarde29. Que Dieu nous garde de ses excès monétaires et autres. Et, cela au moment où le barnum qui a pour nom Commission européenne, une sorte de commissaire politique soviétique nous apprend que les prévisions économiques pour 2020 sont mauvaises30.

Au bout du compte, la politique jupitérienne débouche sur une sorte de dictature, d’irresponsabilité d’État, de mensonge d’État, de scandale d’État dont on ne mesure pas encore toute l’étendue tant les mensonges et cachoteries en tous genres ont été légions depuis la fin de l’année 2019 et le début de l’année 2020, dans une indifférence quasi-générale.

Comme une immense majorité de ses homologues étrangers, Emmanuel Macron prend de plein fouet cette crise sanitaire après celle des « gilets jaunes » et de la réforme des retraites. Mais, à la différence de ses homologues, il est frappé au cœur de son disque dur, où se stockaient les dossiers « libéralisation », « mondialisation » et « start-up nation » Trois ans après son élection, il promet de changer le logiciel pour plus d’indépendance et de souveraineté. Faut-il le croire ? 31 À la lumière de sa gestion du Covid-19, il y a toute raison d’être sceptique et cela d’autant plus que l’on découvre son catalogue de pensées introuvables.

18 Étienne Girard/Emmanuel Lévy/Laurent Valdiguié, Notre administration naufragée, Marianne, 1er – 7 mai 2020, pp. 22 à 27.
19 Natacha Polony, Confinés, Déconfinés, surveillés, Marianne, 1er – 7 mai 2020, p. 3.
20 Jacques Julliard, Débâcle à la française, Marianne, 1er – 7 mai 2020, p. 4.
21 Claude Angeli, L’ambassadeur de France à Pékin avait alerté Macron, Le Canard enchaîné, 6 mai 2020, p. 3.
22 Frédéric Schaeffer, Chine, la montée des soupçons. La Chine face à une défiance croissante à l’international, Le Echos, 6 mai 2020, pp. 1-6.
23 Michel de Grandi (propos recueillis par), Valérie Niquet : « Pékin n’a pas respecté les engagements pris lors de son adhésion à l’OMS », Les Échos, 6 mai 2020, p. 7.
24 Jean-François Kahn, Dissolution, Marianne, 1er – 7 mai 2020, p. 6.
25 Anatomie d’un désastre, https://www.youtube.com/watch?v=4MqArCjrkmI&feature=youtu.be
26 Erik Emptaz, Le scolaire de la peur, Le Canard enchaîné, 6 mai 2020, p. 1.
27 Benjamin Masse-Stamberger, L’avenir européen, Marianne, 1er – 7 mai 2020, p. 14.
28 Sylvie Kauffmann/Virginie Malingre/Jean-Pierre Stroobants, Les « somnambules » de l’Europe, le Monde, 2 mai 2020, pp. 22-23.
29 Éric Albert/Cécile Boutelet/Virginie Malingre, La BCE mise sous pression par la Cour constitutionnelle allemande, Le Monde, 7 mai 2020, pp. 14-15.
30 Virginie Malingre, Les sombres prévisions de la Commission européenne, Le Monde, 7 mai 2020, p. 14.
31 Soazig Quéméner, Qu’a-t-il encore à nous vendre ?, Marianne, 1er – 7 mai 2020, pp. 10 à 17.
 
 
RELIRE OU DÉCOUVRIR « L’ETRANGE DÉFAITE » AU TEMPS DU COVID-19 ! Guillaume Berlat. À toute chose malheur est bon, a-t-on coutume de dire. Ce qui est vrai en période normale l’est encore, si ce n’est plus, en période exceptionnelle comme l’est celle du confinement imposé. L’arrêt du temps donne du temps au temps. Le temps de réfléchir, de lire, de relire quelques ouvrages que l’on redécouvre sur les rayonnages de sa bibliothèque. Contre mauvaise fortune, il faut faire bon cœur, les librairies étant fermés. Et tout naturellement, note choix se porte vers les grands classiques de la littérature – de préférence française tant nous sommes chauvins – pour tenter d’appréhender un monde qui se dérobe sous nos pieds. Nos regards se portent immédiatement sur La Peste du prix Nobel de littérature, Albert Camus publié en juin 1947 mais qui ne semble pas avoir pris la moindre ride tant ses prophéties semblent d’une grande actualité32. Moins connu du grand public, mais aujourd’hui remis à toutes les sauces par un clergé médiatique inculte, l’ouvrage de l’historien Marc Bloch intitulé L’étrange défaite, écrit en quelques semaines en 1940, fait florès33. 80 ans après le temps de l’exode, la gestion de la crise du Covid-19 par les autorités françaises interpelle tout autant que les causes de la débâcle de 194034. L’Histoire serait-elle un éternel recommencement ? À la différence des Allemands, les Français ne seraient-ils pas condamnés à être les dindons de la farce. Leur état d’imprévision et d’impréparation des grandes crises majeures (contre le nazisme ou contre la pandémie) est abyssal, impensable pour la cinquième puissance économique du monde, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, détentrice de l’arme nucléaire…, « l’empêcheuse de tourner en rond » pour reprendre la formule de Jean Giraudoux dans L’impromptu de Paris (1937)35. Mais pourtant, la France est la risée de ses voisins et de ses alliés tant elle a été incapable de gérer efficacement la crise du Covid-1936. Alors que certains de nos folliculaires préférés dressaient, il y a peu encore, le portrait d’un Emmanuel Macron ressemblant au tigre Georges Clémenceau, d’autres plus perspicaces le dépeignent en général Gamelin37. Essayons de comprendre les raisons de ce soudain engouement pour un médiéviste inconnu, ou presque, de la jeune génération ?38

Qui est Marc Bloch, comment analyser L’étrange défaite et les éventuelles analogies avec la situation dramatique que nous vivons actuellement ? Alors qu’il y aurait beaucoup à dire sur l’homme, son œuvre, sa sagacité, nous nous limiterons à l’essentiel. Normalien, historien, médiéviste, et cofondateur de l’école des Annales, Marc Bloch, né en 1886 à Lyon, est issu d’une famille d’Alsaciens juifs qui avaient fait le choix du cœur et de la raison pour la France en 1871. Lors de la déclaration de guerre en 1939, l’universitaire demande à servir au front alors que, âgé de 53 ans, père et ancien de la guerre 1914-1918, il aurait pu obtenir une affectation à l’arrière. En mai-juin 1940, le capitaine Marc Bloch est chargé, à l’état-major de la 1ère armée de l’approvisionnement en essence et de la liaison avec les unités britanniques voisines. Il vit donc la défaite de l’intérieur, au plus près des évènements dont il est à la fois l’acteur (en tant qu’officier) et le spectateur (en tant qu’historien). Après la Campagne de France de 1940, il est — en tant que Juif — exclu de la fonction publique par le gouvernement de Vichy en octobre 1940. Son appartement parisien est réquisitionné par l’occupant, sa bibliothèque expédiée en Allemagne. Il est rétabli dans ses fonctions pour services exceptionnels par le secrétaire d’État à l’Éducation nationale Jérôme Carcopino, ancien élève de son père, et nommé à la faculté de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale et de la Seconde Guerre mondiale, il est décoré de la Légion d’honneur à titre militaire, de la croix de guerre 1914-1918 et de la croix de guerre 1939-1945. Membre de la Résistance durant l’Occupation, il est arrêté, torturé, puis exécuté par la Gestapo le 16 juin 1944.

Quel bilan Marc Bloch dresse-t-il de la débâcle de 1940 ?39 Le manuscrit de son livre, écrit aussitôt après l’armistice en quelques semaines, ne sera découvert par sa famille qu’après la fin de la Guerre. Après une première partie dans laquelle il raconte son expérience lors de la guerre de 1939-1940, Marc Bloch passe à l’analyse des causes de la défaite. Celle-ci s’explique directement par « l’incapacité du commandement ». Cette incapacité s’est exprimée de multiples façons : « victoire intellectuelle » des Allemands en raison de l’impossibilité pour les chefs militaires français de « penser la guerre » ; crise d’autorité traversant l’armée ; manque de courage personnel, qui est « la plus obligatoire de toutes les vertus » pour le soldat ; mauvaise hygiène de travail ayant aussi contribué à l’effondrement moral, ainsi que la mauvaise formation des hommes. La troisième partie – « Examen de conscience d’un Français » – analyse l’« ambiance psychologique » dans laquelle les états-majors ont vécu. Les raisons du désastre ne sont donc pas à chercher uniquement au sein de l’armée mais aussi dans la société française tout entière. Le mépris des intérêts nationaux est un élément-clé de la défaite : les syndicats étaient plus occupés de leurs petits intérêts égoïstes, l’idéologie internationaliste et pacifiste a empêché de cultiver l’amour de la patrie, les médias – presse et radio – n’ont pas donné au peuple les moyens de se diriger correctement. Bloch évoque la pauvreté des bibliothèques municipales et les carences de l’Éducation nationale. Quant à la IIIe République, c’est un régime faible dont les dirigeants ont été incapables de préparer à la guerre. Enfin, la bourgeoisie, dont la situation socio-économique était difficile dans les années 1930, elle s’est trouvée tellement aigrie qu’elle détestait le Front populaire et ce peuple qui l’avait porté au pouvoir, et considérait la République comme un corps pourri jusqu’à l’os. Et elle se montrait réfractaire à tout ce qui pouvait sembler venir de ce régime honni. C’est pourquoi Bloch écrit ce fameux passage : « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. » Ce sentiment de haine a fait des ravages, tout particulièrement au moment de la guerre. Et chez les militaires, il a été trop efficace en raison de leur formation qui les isolait du monde extérieur40.

Quelles sont les analogies entre les crises de 1940 et de 2020 ? Même si comparaison n’est pas raison, le moins que l’on soit autorisé à dire est que dès les premiers cafouillages jupitériens dans la gestion de la pandémie, nous avons immédiatement pensé aux descriptions de la France de 1940 faites par Marc Bloch. Et, nous ne sommes pas les seuls, preuve que la similitude des situations était évidente, criante pour un esprit cartésien qui refuse de se soumettre aux Diktats de la bien-pensance germanopratine et aux Oukases des officiants du clergé médiatique. Une élite arrogante qui affirme, contre toute évidence, avoir raison alors que les faits lui donnent tort. Une imprévision coupable à l’imprévu cause d’une impréparation et d’une débâcle aux conséquences multiples. Une incapacité structurelle à se remettre en question. La suite de la farce du Covid-19 n’a fait que nous confirmer dans notre approche initiale intuitive. Par-dessus tout, cette nouvelle étrange défaite est le symptôme évident d’un « l’effondrement moral » de la France éternelle mais surtout de son élite autoproclamée sortie de l’ENA, en particulier des soi-disant « grands corps ». La fameuse Caste41. Rappelons une fois encore que le président de la République et le secrétaire général de l’Élysée sont issus de l’Inspection des Finances et que le premier Ministre et son directeur de cabinet sont originaires du prestigieux Conseil d’État42. Ceci explique peut-être cela.

Au vu de ce qui précède, il va sans dire, mais cela va mieux en le disant, que nous recommandons vivement à ceux qui l’ont déjà lu de s’atteler à une nouvelle relecture de L’étrange défaite et à ceux qui ne connaissaient pas encore ce monument de la littérature et de l’histoire de le découvrir. Ils en retireront dès aujourd’hui le meilleur profit pour comprendre le monde d’aujourd’hui et, plus, important encore, pour celui de demain.

32 Albert Camus, La peste, Gallimard, 1947.
33 Marc Bloch, L’étrange défaite, Gallimard, 1990.
34 Édouard de Mareschal, Mai-juin 1940. Une défaite pas si étrange, Le Figaro Magazine, 8 mai 2020, p. 87.
35 Jean Giraudoux, L’impromptu de Paris, Grasset, 1937.
36 Matthieu Goar, L’exécutif français plus durement jugé que ses homologues, Le Monde, 3-4 mai 2020, p. 14.
37 Guillaume Berlat, Emmanuel Macron : de Clémenceau à Gamelin, www.prochetmoyen-orient.ch , 6 avril 2020.
38 Guillaume Perrault, Ce que dit vraiment Marc Bloch dans « L’étrange défaite », Le Figaro, 2-3 mai 2020, p. 27.
39 Jacques de Saint Victor, Marc Bloch. Témoin lucide de l’écroulement français de 1940, Le Figaro, 6 mai 2020, p. 17.
40 https://blogthucydide.wordpress.com/2012/04/25/letrange-defaite-de-marc-bloch/
41 Laurent Mauduit, La Caste. Enquête sur cette haute fonction publique qui a pris le pouvoir, éditions La Découverte, 2018.
42 Paul Cassia, État d’urgence sanitaire : Le Conseil d’État (ne) change (que) sa méthode, Le Blog de Paul Cassia, www.mediapart.fr , 2 mai 2020.
 
 
CONFINEMENT (2020) ET OCCUPATION (1940-1944) : QUELQUES SIMILITUDES ! Jean Daspry.

« L’homme de l’avenir est celui qui aura la mémoire la plus longue » (Friedrich Nietzche).

Au moment où les citoyens français vont passer d’une période d’hibernation forcée, poétiquement qualifiée de « confinement » à un avenir incertain nommé, par symétrie, « déconfinement »43, il n’est pas inutile de tirer quelques premiers enseignements de cette mascarade, au sens propre et figuré du terme. Nous mettrons de côté tous les mensonges, les approximations, les contre-vérités, les bobards (« fake news »), les carabistouilles qui nous ont été servis à jet continu par l’exécutif (La Caste) épaulé par le clergé médiatique (les folliculaires)44. Dans cette pantalonnade, le président de la République, le comédien Emmanuel Macron s’est tout simplement surpassé45. Aussi intéressant sur un plan intellectuel et historique, nous paraît être la comparaison – même si comparaison n’est pas raison – entre la période de confinement (deux mois en 2020) et celle de l’Occupation de la France par les troupes allemandes (5 ans de 1940 à 1944). La jeune génération montante n’y trouvera pas le moindre intérêt tant cette page noire de notre histoire lui paraît révolue46, elle qui découvre aujourd’hui avec sidération, la peur, l’incertitude, le caractère tragique de l’Histoire. Horresco referens ! La génération précédente, celle dont les parents ont connu l’Occupation, y sera peut-être plus sensible, ayant été instruit oralement par ses anciens des méandres de l’âme humaine et de l’accoutumance à l’imprévu.

À y regarder de plus près, et avec un minimum d’imagination, il est vrai que l’on peut trouver quelques traits communs à ces deux périodes hors du commun, la guerre contre le nazisme et la guerre (concept utilisé par le président de la République) contre un virus aux yeux bridés. Dans les deux cas, le droit est mis entre parenthèses en attendant des jours meilleurs, dans un cas par application de l’état d’urgence sanitaire reconduit jusqu’à la fin du mois de juillet, dans l’autre par application des pleins pouvoirs accordés par le Parlement au maréchal Pétain47. Dans les deux cas, le Parlement ne joue pas son rôle de contre-pouvoir de l’exécutif, dans un cas depuis Paris, dans l’autre depuis Vichy. Dans les deux cas, la plus haute juridiction administrative qui a pour nom Conseil d’État – en toute logique, elle devrait porter le nom de « Conseil de l’État »48 – a pleinement et parfaitement joué son rôle de justice couchée, aplaventriste au lieu d’être le gardien des libertés publiques49, dans un cas en passant tous les caprices du pouvoir jupitérien50, dans l’autre en devançant les demandes de l’occupant51. Dans les deux cas, les sorties hors domicile doivent faire l’objet d’une sorte d’autorisation préalable : « attestation de déplacement dérogatoire » dans un cas, « Ausweiss » dans l’autre délivré par la « Kommandantur ». Dans les deux cas, le passage d’une partie à l’autre de la France est strictement contrôlé, dans un cas entre la zone rouge et la zone verte, dans l’autre entre zone occupée et zone libre au travers la ligne de démarcation. Dans les deux cas, la délation fonctionne à plein régime, dans un cas l’on dénonce les personnels sanitaires hospitaliers potentiels vecteurs du coronavirus à leurs voisins, dans l’autre on dénonce à la Gestapo ou à la Milice, pêle-mêle résistants, communistes, franc-maçon, homosexuel, voisin avec qui l’on a maille à partir et autres pouilleux de juifs… Dans les deux cas, le flicage de la population est notoire, dans un cas il passe par la mise en place d’une application pour téléphone portable de suivi des personnes contaminées52 ou en contact avec de telles personnes53 et dans l’autre il revient à la Milice et aux collabos. Dans les deux cas, le chef de l’Etat visite des écoles54, dans un cas il le fait masqué à Poissy le 5 mai 202055, dans l’autre il le fait à découvert accueilli par un tonitruant « Maréchal, nous voilà » de nos chères têtes blondes. Dans les deux cas, l’appareil répressif se met en branle, dans un cas avec l’état d’urgence sanitaire temporaire, dans l’autre avec l’état d’exception permanent56. Dans les deux cas, le Mal l’emporte sur le Bien, dans un cas on traite le contaminé tel un pestiféré par application d’une « distanciation sociale » excessive57, dans l’autre, on envoie le délinquant potentiel dans quelques camps de vacances pudiquement qualifiés de « camps de concentration » dont la saine devise était « Arbeit macht Frei » (le travail vous libère). Dans les deux cas, la lâcheté est reine, dans un cas par conformisme ambiant, dans l’autre par peur de représailles. Dans les deux cas, l’on découvre le spectacle des queues devant les magasins, dans un cas pour faire provision de papier hygiénique, du moins dans les premiers jours du confinement (certains Français ont confondu Coronavirus et gastroentérite, pour ne pas tomber dans le vulgaire), dans l’autre pour trouver de quoi survivre sauf à avoir recours au marché noir moyennant un recours au bon vieux troc. Fait troublant, dans les deux cas, les Français sont à la recherche de masques, dans un cas pour éviter de contaminer le voisin, dans l’autre masque à gaz en cas d’utilisation de produits chimiques comme pendant la Première Guerre mondiale. Et, l’on pourrait multiplier à l’envi les exemples de ces similitudes troublantes, entre ces deux époques, pour un esprit curieux et perspicace !

Sauf à nous voiler la face, la parabole du masque est tout à fait appropriée pour un grand pays comme notre Douce France, d’une constance qui mérite louange dans son imprévision et dans son impréparation face aux grandes crises. La fameuse Étrange défaite vulgarisée par le médiéviste Marc Bloch58. Aurons-nous le courage, la force de le crier dès que nous y verrons encore un peu plus clair sur la période étrange que nous venons de traverser ? Aurons-nous la clairvoyance de dénoncer le « totalitarisme de la pensée » qui ronge nos sociétés dites démocratiques ? Rien n’est moins sûr tant nous n’en sommes pas encore parvenus à ce stade. « Du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas » nous rappelle fort justement Napoléon Bonaparte. Car « une crise historique révèle la nature des hommes en situation de commandement. Les uns s’aplatissent, dominés par une situation n’entrant pas dans les schémas mentaux établis où évoluent normalement les gestionnaires de temps de paix jusqu’à s’y enfermer, les autres révèlent une envergure insoupçonnée, comme si l’épreuve les grandissait et leur permettait de laisser leur empreinte sur le cours des évènements. Il n’est pas interdit d’espérer que la crise permette aussi l’émergence de leaders nouveaux, adaptés à des temps désordonnés, dans une époque qui sera plus politique que jamais »59. Acceptons-en l’augure… sans nous faire trop d’illusions.

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire » (Jean Jaurès).

43 Alexandre Lemarié/Cédric Pietralunga, Déconfinement : la fin de l’union nationale avant le 11 mai, Le Monde, 6 mai 2020, pp. 1-2.
44 Ellen Salvi, Déconfinement : l’exécutif se contredit encore, www.mediapart.fr , 28 avril 2020.
45 Jean-Pierre Anselme, Covid-19 : Macronavirus a trouvé le vaccin, Blog : à l’abordage !, www.mediapart.fr , 4 mai 2020.
46 Le chagrin et la pitié, film documentaire franco-germano-suisse, Réalisateur, Max Ophuls, 1971.
47 Patrick Gautrat, Pétain Salazar, de Gaulle : affinités, ambiguïtés, illusions (1940-1944), Chandeigne, 2019.
48 Roseline Letteron, Covid-19 : le président de la section du contentieux en Chevalier Blanc, www.libertescheries.blogspot.com , 12 avril 2020.
49 Roseline Letteron, Covid-19 : la liberté d’aller et venir, à vélo, www.libertescheries.blogspot.com , 6 mai 2020.
50 Paul Cassia, Le Conseil d’État et l’urgence sanitaire : bas les masques !, Le Blog de Paul Cassia, www.mediapart.fr , 11 avril 2020.
51 Philippe Fabre, Le Conseil d’État et Vichy : le contentieux de l’antisémitisme, Travaux de l’école doctorale de droit public et de droit fiscal, Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne), Publications de la Sorbonne, 2001.
52 Damien Leloup, Application StopCovid : une sortie espérée « à partir du 2 juin » en France, Le Monde, 7 mai 2020, p. 4.
53 L’application StopCovid prête le 2 juin, sans Apple ni Google, selon Cédric O, Agence France Presse, 5 mai 2020.
54 Erik Emptaz, Enfin une mesure efficace pour la rentrée des classes. Macron exige un maître entre chaque élève. Le scolaire de la peur, Le Canard enchaîné, 6 mai 2020, p. 1
55 Masqué, Macron visite une école de Poissy pour rassurer sur la rentrée, Agence France Presse, 5 mai 2020.
56 Ivan Rioufol, L’ordre sanitaire, piège pour la démocratie, Le Figaro, 2-3 mai 2020, p. 28.
57 François Béguin/Stéphane Mandard/Camille Stromboni/Faustine Vincent, Le déploiement délicat des « brigades » du Covid-19, Le Monde, 7 mai 2020, p. 4.
58 Marc Bloch, L’étrange défaite, Gallimard,
59 Mathieu Bock-Côté, L’impasse de l’expertocratie et le politique, Le Figaro, 2-3 mai 2020, p. 28.
 
 
DU BON (MAUVAIS) USAGE DU TÉLÉGRAMME DIPLOMATIQUE ! Ali Baba. La diplomatie, c’est la science de ceux qui n’en ont aucune et qui sont profonds par leur vide, science d’ailleurs fort commode, en ce sens qu’elle se démontre par l’exercice même de ses hauts emplois ; que, voulant des hommes discrets, elle permet aux ignorants de ne rien dire, de se retrancher dans des hochements de tête mystérieux ; et qu’enfin l’homme le plus fort en cette science est celui qui nage en tenant sa tête au-dessus des évènements qu’il semble alors conduire, ce qui devient une question de légèreté spécifique. Là, comme dans les arts, il se rencontre mille médiocrités pour un homme de génie. (Honoré de Balzac, 1836).

LA DIPLOMATIE : UNE CIBLE FACILE

Le diplomate offre à la raillerie une cible privilégiée » comme le souligne, l’ambassadeur François Seydoux en 1980. Il est de bon ton de railler les manières surannées des diplomates, leur langage désuet, leur maniement de la litote, leur protocole rigide, leurs usages décalés… par rapport à la réalité du XXIe siècle. Et cela depuis la nuit des temps. À quoi bon peuvent-ils servir à l’heure du village planétaire, de l’information instantanée, des réseaux (a)sociaux, de Skype, de Whatsapp, de la messagerie cryptée télégram et autres gadgets que nous découvrons quotidiennement ? Surtout si l’on met en rapport leur valeur ajoutée – souvent jugée plus que marginale – à leur coût (1% du budget de l’État) comme le font régulièrement les crânes d’œuf et autres petits marquis de Bercy. N’ont-ils pas failli, comme bien d’autres au demeurant, en n’anticipant pas les spasmes multiples qui secouent la fin du XXe et le début du XXIe siècle ? Ne sont-ils pas hors-sol, équipés pour la mer calme et désemparés par gros temps ? En définitive, peut-on décrire sommairement ce que l’on attend des diplomates affectés à l’étranger, le travail de leur homologue de l’administration centrale étant sensiblement différents (rédaction de notes administratives de synthèse, de notes d’entretien pour le ministre, d’éléments de langage pour le porte-parole… afin de juger en connaissance de cause du fruit de leurs cogitations.

LA DIPLOMATIE : UNE TRILOGIE TRADITIONNELLE

Le métier de diplomate ne devrait-il pas être repensé intégralement tant le monde d’aujourd’hui, et encore plus celui de demain, n’a vraiment plus rien à voir avec le monde d’hier60. Au juste, c’est quoi le métier de diplomate ?61 Au juste, c’est quoi la diplomatie ?62 La réponse à ces questions complémentaires est relativement simple. L’activité diplomatique s’organise traditionnellement autour de trois principaux pôles : informer63, négocier64, représenter65 auxquels on ajoute parfois celui de protéger nos compatriotes dans l’embarras à l’étranger (Cf. leur rapatriement vers l’hexagone en cas de crise comme celle du Covid 19). Si nous nous en tenons à la première fonction, le rôle de l’ambassadeur – sans oublier son équipe sans laquelle il n’est qu’un chef sans orchestre sans musiciens – est d’être un observateur attentif de son pays de résidence. À cette fin, il lui appartient de rapporter à Paris (le Département mais aussi les hautes autorités de l’État : présidence de la République, Matignon, ministères concernés…) les informations qu’il peut glaner (en évitant les extrapolations hasardeuses) de ci, de là (ouvertes ou confidentielles) afin d’éclairer au mieux les dirigeants politiques à qui il revient, en dernière analyse, de trancher dans un sens ou dans un autre… Pour les plus audacieux des diplomuches, l’exercice d’information stricto sensu peut se prolonger dans deux directions complémentaires : l’analyse approfondie (les forces profondes de la société) et l’anticipation (les scénarios possibles du futur, y compris les plus invraisemblables). Après la théorie, rien ne vaut un exercice pratique lié à l’actualité la plus brûlante.

LA DIPLOMATIE : UNE VOIE ÉTROITE

Entre la diplomatie du panache à la Gérard Araud (l’homme qui s’est trompé sur tout) qui est la coqueluche des médias66 et la diplomatie du dilettante (nombreux sont les exemples de diplomates touristes qui sillonnent le monde), la ligne de crête est étroite. Elle passe par la pratique d’une diplomatie que l’on pourrait qualifier de notariale. Telle un tabellion, elle doit enregistrer les faits objectifs qui sont portés à sa connaissance pour ne pas passer à côté des certaines évolutions importantes. La tâche n’est pas toujours aisée mais elle n’est pas hors de portée des diplomates expérimentés et consciencieux. Il en existe encore quoi qu’en disent les adorateurs du modèle de l’ambassadeur Ferrero Rocher. Nous en avons un exemple concret lié à l’actualité de la pandémie de coronavirus. En effet, nous apprenons aujourd’hui que l’ambassadeur de France à Pékin, Laurent Bili avait officiellement averti, dès le mois de décembre 2019, ses autorités (Élysée et Quai d’Orsay) de la gravité de la situation sévissant à Wuhan en raison de la propagation d’un méchant virus67. Est-ce véritablement une surprise ? Certainement pas. Outre son ambassade à Pékin, la France dispose d’un Consulat général à Wuhan (sorte de poste avancé de note représentation diplomatique) dirigé par Olivier Guyonwarch (entouré de nombreux collaborateurs dont un attaché scientifique dont on ne peut douter un seul instant que la gravité de la situation lui ait échappé). Ce dernier est en relation constante avec les nombreux français expatriés dans cette province à qui il n’a pas échappé, non plus, qu’il se passait quelque chose de grave sur place et qui l’en ont informé. Ce n’est qu’un multiple cas d’espèce de la mise en pratique de la fonction information de la diplomatie. La fonction d’observation au sens noble.

LA DIPLOMATIE : UNE ÉPREUVE DE VÉRITÉ

Dans ces conditions, il est trop facile de prétendre, comme le font aujourd’hui certains brillants économistes, que personne n’a rien vu venir de la pandémie68. Pire encore, nos sémillants dirigeants issus des grands corps de l’État profond qui, avec une malhonnêteté intellectuelle intolérable, osent prétendre qu’ils ne savaient pas. Ou bien qu’ils n’ont découvert que très tardivement – à la mi-mars 2020 – l’existence de l’épidémie, sa gravité, son origine69, ses conséquences alors que nous disposions du spectacle inquiétant de ce qui se déroulait à Wuhan. Spectacle qui pouvait, d’un jour à l’autre, plantait ses tréteaux en Europe et en France compte tenu de la circulation importante des personnes entre ces deux continents. Une question est, dès lors, posée ? Qu’on fait les comiques de l’Élysée et du Quai d’Orsay de la précieuse information qui leur a été transmise soit par télégramme diplomatique, soit par messagerie cryptée ou non ? En ont-ils pris connaissance – directement ou par le truchement de leurs multiples cabinards – comme ils en ont le devoir ? Dans l’affirmative, pourquoi n’en ont-ils pas tiré toutes les conséquences qui s’imposaient en termes de prévision et de préparation à la pandémie dans les meilleurs délais, gouverner étant prévoir ? Il s’agirait d’une négligence coupable. Ou bien n’en ont-ils pas pris connaissance, dans le flot d’informations qui leur parvient quotidiennement, pour des raisons qui mériteront, le moment venu, d’être élucidées soit par une commission d’enquête parlementaire ou par la justice pénale ? Il s’agirait d’un crime contre le peuple français. À vous de choisir…

Piqué au vif par les révélations du volatil, la porte-parole du Quai des Brumes s’est crue obligée – sur instructions de sa hiérarchie – de se fendre d’une précision qui l’enfonce plutôt qu’elle ne le défendre : « La France n’a été informée que le 31 décembre de l’apparition du virus du Covid-19 en Chine », a déclaré mercredi le ministère des Affaires étrangères, démentant que l’ambassadeur français à Pékin ait lui-même alerté le président Emmanuel Macron… « Dès que les autorités de Wuhan ont annoncé la nouvelle pneumopathie le 31 décembre 2019, le consul général à Wuhan a alerté, le jour même, le Centre de crise et de soutien du ministère et l’ambassade… Plusieurs actualisations de la fiche des Conseils aux voyageurs seront alors effectuées à partir de début janvier », sur la base des informations transmises par le consulat à Wuhan ». Pas très convaincant ! Un démenti qui ne dément rien. Encore, une nouvelle couleuvre avalée sans coup férir par l’imposante porte-parole du Quai d’Orsay qui finira par exploser, un jour prochain d’indigestion et de fatuité.

Une victoire, contre une pandémie, se construit non sur des déclarations lyriques, parfois guerrières mais surtout sur un rapport véridique au réel (Jacques Lacan)70. Il est vrai que le diplomate « besogneux » privilégie le fait à l’approximation, la lecture rebutante des télégrammes diplomatiques et des revues savantes en relations internationales à la satisfaction de ses a priori, de son ego qui est le plus mauvais conseiller, le calme à l’agitation, l’urgence à la précipitation, l’équilibre à la démesure… La conjugaison harmonieuse de tous ces ingrédients éminemment subjectifs prévient les embardées dont sont coutumiers nos dirigeants aussi suffisants qu’insuffisants71. La gestion désastreuse de la crise du Covid-19 est là pour nous le rappeler à la lecture quotidienne du nombre des victimes en pensant à toutes celles qui auraient pu/dû être évitées.

En diplomatie rien n’est simple et ne peut se ramener à une formule algébrique ou relever des prouesses de l’intelligence artificielle. Le métier de diplomate est un exercice de patience, d’humilité qui impose de toujours se remettre en question (en n’hésitant pas à reconnaître ses immanquables erreurs). Il suppose de faire continuellement la différence entre l’accessoire et l’essentiel. Il implique de ne pas gaspiller son temps en activités de communication inutiles comme c’est aujourd’hui le cas : tenue de comptes FaceBook, Twitter et autres joyeusetés du monde numérique virtuel qui nous envahissent. Tout métier, qui s’écarte de ses fondamentaux éprouvés par la pratique et l’expérience, court à sa perte tel le Titanic qui va à la rencontre de l’iceberg en musique. La diplomatie n’échappe pas à la règle. Conclusion : du bon ou du mauvais usage du télégramme diplomatique peut dépendre la victoire ou la défaite !

60 Stefan Zweig, Le monde d’hier. Souvenirs d’un Européen, Albin Michel, 1948.
61 Raoul Delcorde, Le métier de diplomate, Académie Royale de Belgique – Collection Académie de Poche, 2018.
62 Jean-Paul Pancracio, Dictionnaire de la diplomatie, 2019.
63 Yves Aubin de la Messuzière, Profession diplomate. Un ambassadeur dans la tourmente, Plon, 2019.
64 Paul Dahan (sous la direction de), Diplomates. Dans le secret de la négociation, collection Biblis, CNRS éditions, 2016.
65 Roger Peyrefitte, Les Ambassades, Flammarion, 1951
66 Gérard Araud, Passeport diplomatique. Quarante ans au Quai d’Orsay, Grasset, 2019.
67 Claude Angeli, L’ambassadeur de France à Pékin avait alerté Macron, Le Canard enchaîné, 6 mai 2020, p. 3.
68 Hyppolite d’Albis, Coronavirus : pourquoi personne n’a rien vu venir, Les Échos, 6 mai 2020, p. 10.
69 J.-M. Th. La Chine jette un froid de loup, Le Canard enchaîné, 6 mai 2020, p. 4.
70 Roger-Pol Droit, Qu’est-ce qu’une victoire ?, Le Monde, 7 mai 2020, p. 25.
71 C.N., Brigitte et Anne s’en vont en guerre, Le Canard enchaîné, 6 mai 2020, p. 1.
 
 
LES DERNIÈRES ÉLUCUBRATIONS DE MADAME FOLDINGUE – Ali Baba. « C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule » (Michel Audiard). Manifestement, notre oiseau de mauvais augure, qui fut successivement fondatrice de « Femmes et diplomatie », directrice générale de l’administration et de la modernisation au Quai d’Orsay (ses méthodes de management ont laissé quelques mauvais souvenirs rue de la Convention), directrice de l’ENA (l’ardoise qu’elle y a laissée est encore dans tous les esprits), puis ministre délégué aux Affaires européennes (son homologue allemand refusait de la prendre au téléphone), – auxquelles elle n’a toujours rien compris – Nathalie Loiseau vient nous instruire de sa magnifique science du vide72. Force est de constater que notre agitée du bocal n’est pas comme les bons crus, elle ne s’améliore pas en vieillissant. Ce serait plutôt le contraire. Il suffit de prendre connaissance de sa dernière tribune publiée dans le quotidien Les Échos, lequel s’abaisse en reproduisant de telles inepties.

LES DÉLIRES D’UNE PERVERSE NARCISSIQUE73

Que nous dit notre nullissime eurodéputée de la République en masques et en godillots dans son madrigal creux pompeusement intitulé : « Repenser la sécurité et la défense européenne » ?

Début de citation

Le XXIe siècle n’a pas fini de bousculer nos certitudes : l’Occident se croyait en sécurité lorsque, le 11 septembre 2001, le terrorisme a frappé à sa porte. De même, l’épidémie de coronavirus a mis la moitié de la planète à l’arrêt après des années de croissance ininterrompue. Dans les deux cas, nous sommes amenés à redéfinir profondément ce qui fonde notre sécurité. La lutte contre le terrorisme est désormais au cœur des missions de nos troupes en opérations extérieures comme sur notre territoire. De même, nos armées contribuent à la lutte contre le Covid-19 : à Mulhouse, un hôpital de campagne a été déployé. Le porte-hélicoptères Dixmude parcourt les Antilles, le Mistral l’océan Indien, porteurs de matériel médical. Partout en France, des camions militaires acheminent des masques et des équipements de protection.

La mobilisation est la même ailleurs en Europe. Mieux, les armées européennes coopèrent entre elles pour évacuer des malades ou transporter du matériel. Le Commandement européen du transport aérien coordonne les efforts. La crise est d’abord sanitaire. Elle est aussi géopolitique et militaire. Qu’on en juge : le monde n’est pas devenu plus pacifique à mesure que le virus en faisait le tour. Les combats se poursuivent en Libye, au Sahel ou en Syrie. Chacun de ces conflits menace la sécurité de l’Europe. A nous de renforcer les missions et les moyens d’une défense européenne commune.

L’Europe n’est pas en proie à un virus mais à plusieurs : depuis le début l’épidémie, les cyberattaques se sont multipliées. Certes, les cybercriminels ordinaires tirent profit de nos vies plus connectées que jamais. Ils ne sont pas les seuls. Partout en Europe, nos systèmes informatiques sont attaqués de façon délibérée. Et au même moment, la propagande et la désinformation s’épanouissent comme jamais en milieu confiné et en période d’inquiétude. Tout ceci porte un nom : nous sommes attaqués. Et tout ceci appelle une réponse : nous devons nous défendre.

Cette crise nous enseigne qu’il n’y a pas de sécurité sans sécurité sanitaire : disposer de stocks médicaux suffisants, les produire sur le territoire européen relève de notre autonomie stratégique. Nous savons aussi désormais que pour protéger les populations, nos armées doivent être davantage associées aux activités de protection civile. Nous faisons en outre l’expérience que nos économies et nos sociétés numériques dépendent d’une cyberdéfense robuste. Sortir de cette crise exige donc que l’on consacre à la défense des moyens suffisants. Le dire n’a rien d’une évidence, au moment où l’enjeu du financement de la santé publique et de la relance économique occupe les esprits. Nous devrions pourtant avoir tiré les leçons de la crise de 2008. Tous les pays européens ont alors sabré dans leurs dépenses de défense, pendant plusieurs années. L’effet n’a pas été immédiat, mais il est durable et encore sensible aujourd’hui. Ne répétons pas les mêmes erreurs : nos armées vont continuer à intervenir à l’extérieur comme à l’intérieur de nos frontières. Nos industries de défense doivent pouvoir innover face aux nouvelles menaces. Elles sont au cœur d’une autonomie stratégique toujours plus nécessaire. Ne prenons pas le risque de les voir fragilisées ou reprises par des investisseurs étrangers. Elles rassemblent des milliers d’entreprises et plus d’un million d’emplois en Europe.

Pour la première fois, la Commission européenne a prévu d’encourager financièrement leurs activités de recherche et de développement ainsi que leur capacité à travailler en commun. Il s’agit d’un enjeu de souveraineté pour notre continent, cette souveraineté qui nous manque encore. Ce que la crise du coronavirus nous enseigne, c’est qu’il est temps de rendre l’Europe plus autonome : pour notre santé, pour notre alimentation, nous devons pouvoir d’abord compter sur nous-mêmes. Il en va de même pour notre défense74.

Fin de citation

Que penser de cette prose indigente ?

UN BIBELOT D’INANITÉ SONORE

Pour ce qui est de son calendrier, cette tribune de haut vol… plané est porté à la connaissance des citoyens de France et de Navarre au moment où l’Union européenne affronte la pire crise économique de son histoire75 et où la défiance des Français vis-à-vis de l’Europe s’accroit76. Le moins que l’on puisse dire est que le moment est particulièrement mal choisi pour faire pareille déclaration d’amour à une Europe en « état de mort cérébrale » (plus que l’OTAN) comme si elle avait été atteinte de plein fouet par le Covid-19. Ce n’est pas avec ce genre de propos lénifiants que nos compatriotes vont éprouver un besoin de plus d’Europe. À la lumière de l’expérience de l’incompétence des institutions européennes conjuguée à la valse-hésitation des États membres dans la crise du Covid-19, ils sont naturellement plus portés à faire confiance à l’État-providence, certainement pas à Bruxelles aux abonnés absents. En termes d’opportunité, cette homélie tombe au plus mauvais moment. Elle ressemble plus à une oraison funèbre qu’à l’hymne à la joie de Beethoven, hymne du machin européen. À quoi pensent donc ses communicants ?

Pour ce qui est du contenu, notre jugement est aussi négatif que pour le « timing ». Nathalie Loiseau, brillante diplomate… selon elle, mais piètre diplomate selon ses collègues, découvre, avec sidération, que « le XXIe siècle n’a pas fini de bousculer nos certitudes ». Elle est en retard de plusieurs guerres alors que les penseurs crédibles nous expliquent, depuis des années, que la grammaire des relations internationales s’est profondément modifiée. Elle est la seule à ne pas s’en apercevoir. Peut-être devrait-elle lire plus souvent les journaux au lieu de se complaire dans son sentiment de supériorité mal placé. Chaque fois qu’un hiérarque européen nous vante les mérites des dogmes européens d’hier, il est le meilleur allié des souverainistes et autres déçus de la construction folle de l’Europe77. Il se transforme en fossoyeur de l’être aimé.

Elle nous débite ensuite toutes les vieilles lunes des différents discours d’Emmanuel Macron sur la construction européenne (défense européenne commune dont aucun de nos partenaires ne veut entendre parler, tant pour eux, la question ne se pose pas en raison de l’existence de l’Alliance atlantique, action homéopathique de la Commission européenne dans ce domaine, autonomie stratégique…). Elles ont fait pschitt alors que l’Union n’était pas encore ébranlée sur ses fondements par la crise du Covid-19. Que dire aujourd’hui si ce n’est qu’elles sont encore plus inaudibles qu’hier ! Et d’autant plus inaudibles que la France apparait de plus en plus comme l’homme malade de l’Europe alors que l’Allemagne s’en sort nettement mieux. Notre perroquet met les militaires à toutes les sauces. Elle n’a pas compris que la crise était globale. Elle nécessite une réponse globale et non des gadgets de la Commission européenne qui continueront de n’avoir aucun effet s’ils ne s’inscrivent pas dans une stratégie globale de long terme. Elle confond le militaire et le sanitaire. Le reste n’est que billevesées et plaisanteries sans aucun effet sur le réel. Tout ce galimatias est indigne d’une diplomate à qui ses premiers maîtres au ministère des Affaires étrangères – qu’elle critique de manière indigne dans son vulgaire torchon encensé en son temps par le clergé médiatique78 – ont enseigné les vertus de la précision, de l’exactitude, de la mesure, de l’objectivité, du sens du service public… Nathalie Loiseau, ancienne membre du GUD lorsqu’elle fréquentait Sciences Po Paris, s’épanouit dans le dénigrement et dans l’outrance.

Elle découvre enfin – ô miracle ! – que la sécurité sanitaire est importante et que le contrôle des investissements par les Européens est essentiel. Pourquoi ne nous avait-elle pas parlé de toutes ces questions fondamentales (une Europe qui protège) lorsqu’elle battait les estrades de la dernière campagne pour les européennes ? Ne nous vantait-elle pas les mérites du néolibéralisme d’une Europe qui s’est offerte au monde, à la Chine en premier lieu ? Nathalie Loiseau de mauvais augure est assez mal placée pour nous faire la leçon alors qu’elle est comme la girouette qui tourne avec le vent. Tout ceci n’est pas très glorieux, en vérité… et en mensonge.

« Les cons, çà ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnait » (Michel Audiard). Manifestement, notre péronnelle ne manque pas d’air, aujourd’hui comme hier. On ne se change pas à 56 ans surtout lorsque l’on est aigrie. Experte patentée, Nathalie Loiseau née Ducoulombier l’est. Surtout pour enfoncer des portes ouvertes qui débouchent dans le vide. Elle représente l’archétype de la Macronie si bien résumée par Christian Sommade du Think Tank Résilience : « L’arrivée de Macron, c’était : ’L’administration va faire toute seule, on sait tout, on connaît tout’. Ils sont d’une arrogance terrible »79. On en mesure les résultats alors que nous sommes à deux ans de la présidentielle. Ce ne sont certainement pas les dernières élucubrations de Madame Foldingue qui vont arranger les choses.

72 Crétineries de Loiseau (suite), www.prochetmoyen-orient.ch , 11novembre 2019.
73 Un pervers narcissique ou une personne atteinte d’un trouble de la personnalité narcissique est une personne qui a une image dévalorisante d’elle-même et qui se valorise en rabaissant les autres. Les hommes sont plus souvent touchés que les femmes par la perversion narcissique. Cette personne se donne l’apparence d’un être supérieur aux autres et ressent un besoin exacerbé de se faire admirer. Elle manipule les proches de son entourage et ne ressent aucune culpabilité lorsqu’elle blesse les autres, https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=pervers-narcissique .
74 Le point de vue de Nathalie Loiseau (eurodéputée LREM, délégation Renaissance au Parlement européen), Repenser la sécurité et la défense européenne, Les Échos, 7 mai 2020, p. 9.
75 Gabriel Grésillon, L’Union européenne affronte la pire crise de son histoire, Les Échos, 7 mai 2020, p. 6.
76 Renaud Honoré, La défiance des Français vis-à vis de l’Europe s’accroit, Les Échos, 7 mai 2020, p. 5.
77 Virginie Malingre, Phil Hogan : « L’Union européenne doit rester ouverte sur le monde », Le Monde, 8-9 mai 2020, p. 18.
78 Nathalie Loiseau, Choisissez tout, JC Lattès, 2014.
79 Fabrice Lhomme/Gérard Davet, 2017-2020. L’heure des comptes, Le Monde, 8-9 mai 2020, pp. 24-25.

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