Observatoire Géostratégique

numéro 350 / 27 septembre 2021

ORIGINE DE LA PANDÉMIE DE COVID-19 : OPACITÉ CHINOISE

Ce n’est une surprise pour personne, la Chine n’est pas un parangon de vertu en matière de transparence. Pékin excelle dans l’art de l’opacité. Rien n’y fait tant ce travers est inscrit dans les gènes du Parti communiste chinois (PCC). Comme nous l’avons signalé, à plusieurs reprises dans notre magazine, l’origine du Covid-19 ne fait pas exception à la règle1. Et cela d’autant plus que des indices graves et concordants existent en faveur d’une cause au sein du laboratoire P4 (livré par la France) au sein de l’Institut de virologie de Wuhan.

Un constat est de plus en plus évident pour celui qui prend le temps de s’informer. Désormais, les yeux se dessillent face à la force des évidences objectives et scientifiques. En effet, il ne se passe plus un jour sans que quotidiens et hebdomadaires se livrent à quelques enquêtes envisageant toutes les hypothèses possibles et impossibles. Force est de constater que les bobards chinois distillés, à grand renfort de buzz médiatique, sont remis en cause par d’éminents spécialistes des pandémies. Petit à petit la grande muraille de Chine se transforme en château de cartes destiné à s’effondrer à la prochaine révélation.

Les mensonges éhontés d’une Chine arrogante éclatent au grand jour dans une indifférence assourdissante du grand public peu curieux de séparer le bon grain de l’ivraie. Mais, la démarche scientifique est implacable. Éliminant une à une les hypothèses les plus extravagantes qui ne résistent pas à l’examen sérieux et méticuleux de l’expert, l’on se rapproche de vérités dérangeantes pour la clique de Xi Jinping. Sa conception du multilatéralisme est risible, pour ne pas dire insupportable tant elle frise le ridicule.

Les citoyens du monde, qui ont payé et paient encore un lourd tribut à la Convid-19 ont le devoir, le droit de savoir ce qui s’est passé en Chine à la fin de l’année 2019 et au début de 2020. D’une part, pour prévenir la répétition de pareils désastres, pour établir les responsabilités des uns et des autres, de l’autre. Il semble que les autorités chinoises ne pourront se défausser plus longtemps tant elles sont rattrapées par le réel. Mais, Pékin a plus d’un tour dans son sac diplomatique pour contourner le problème.

Circulez, il n’y a rien à voir. La Chine n’accueillera pas de nouvelle mission scientifique – la seule et unique avait été un simulacre tant les obstacles furent nombreux – à Wuhan sur la question sensible des origines du coronavirus. Pékin réagissait, le 13 août 2021, aux pressions croissantes des médias internationaux et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonçant la création d’un nouveau groupe scientifique chargé de poursuivre l’étude de l’émergence de nouveaux pathogènes dont fait partie le SARS-CoV-2. Pire encore, les autorités chinoises étaient passablement agacées par les déclarations publiques à la télévision danoise de Peter Ben Embarek, chef des experts internationaux de la précédente mission d’étude qui détaillait, dans un documentaire, leurs multiples entraves au déroulement de ladite mission : tensions, rétention d’informations et compromis politiques ayant conduit à écarter l’hypothèse d’un accident de laboratoire dans le rapport conjoint OMS-Chine.

Notons que l’OMS, passablement discréditée au début de la pandémie par l’attitude de soumission de son directeur général à Pékin, entend bien se refaire aujourd’hui une virginité scientifique en procédant à des études complètes sur le sujet, et, surtout, en excluant aucune hypothèse au grand dam des autorités chinoises. Notons également que les termes choisis étaient particulièrement diplomatiques pour ne pas heurter la sensibilité chinoise à vif sur ce sujet.

Mais rien n’y a fait. Pékin a opposé une fin de non-recevoir à toutes les demandes de l’organisation genevoise : « nous sommes opposés à politisation de la recherche des origines et à l’abandon du rapport conjoint ». Manifestement, si Pékin n’avait rien à dissimuler, pourquoi n’ouvrirait-il pas ses dossiers et le P4 de Wuhan (qui détiendrait plus de 200 000 échantillons sanguins dans sa banque) de manière transparente ? Mais, le risque serait grand que soit confirmée l’hypothèse selon laquelle le patient zéro serait un laborantin du P4.

La Chine se retranche lâchement derrière le « secret médical » (« nous souhaitons uniquement protéger la vie privée des patients ») pour justifier son obstruction. En un mot comme en cent, la collaboration de Pékin avec l’OMS n’est pas une donnée acquise. Aujourd’hui, l’OMS marche sur des œufs, refusant de tenir une ligne claire et directe.2 Comment croire à l’efficacité du multilatéralisme dans ces conditions ?

La vérité finira bien par éclater. Ce n’est qu’une question de temps. Souvenons-nous que Joe Biden a demandé à la communauté américaine de lui fournir, à brève échéance, un rapport complet sur les origines de la pandémie ! Et, il y a de fortes chances que celui-ci mette en cause la responsabilité chinoise dans cette affaire. Les manœuvres chinoises n’en apparaitront que plus grossières et mensongères.

Pékin devra, un jour plus ou moins éloigné, rendre des comptes sur ses mensonges, procéder à son autocritique (qui sait !) et verra ce qui lui en coûte pour ce crime contre l’humanité.

Guillaume Berlat
23 août 2021

1 Guillaume Berlat, Pandémie : où est la vérité ?, www.prochetmoyen-orient.ch , 14 juin 2021.
2 Stéphane Foucart, Nouvelles polémiques sur les origines du SARS-CoV-2. L’ancien chef de mission de l’enquête internationale refuse d’écarter la piste d’une fuite accidentelle depuis un laboratoire, Le Monde, 15-16 août 2021, p. 7.

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