Observatoire Géostratégique

numéro 270 / 17 février 2020

« ROUTES DE LA SOIE » MARITIMES ET ARMEES !

Bruxelles, 4 décembre.

Sous la présidence du politologue et député européen Hervé Juvin, un colloque international – Mille routes, mille ports – a réuni – jeudi dernier à Bruxelles – nombre d’universitaires, chercheurs, diplomates et acteurs du monde de l’entreprise, venus de Pékin, d’Algérie et de plusieurs pays européens afin d’échanger expériences et analyses du grand dessein chinois : les Routes de la soie. Nous reprenons, ci-dessous, l’essentiel de l’intervention du rédacteur en chef de prochetmoyen-orient.ch.

La rédaction

La mondialisation, c’est la mer ! Oui, la mondialisation, bien avant Christophe Colomb et les Vikings – avec les migrations des tribus du bout de l’Asie -, la mondialisation c’est d’abord la mer et les océans.

Ce constat se fonde sur trois raisons principales : 1) mers et océans constituent le vecteur structurant de l’économie globalisée ; 2) plus de 65% de la population mondiale vit dans les zones portuaires et côtières ; 3) enfin, la plupart des crises internationales se déversent, aujourd’hui dans l’eau : détroits, canaux et nombres d’îles sont devenus des enjeux stratégiques de premier plan.

Depuis la chute du Mur de Berlin, la mondialisation se caractérise aussi par une guerre économique tous azimuts, une dérégulation généralisée et une dé-territorialisation des centres de décision – conséquence d’une « disruption numérique » optimale. On peut renvoyer ici aux travaux du sociologue Bernard Stiegler1. Léviathan moderne, la guerre économique de tous contre tous n’a pas fait disparaître la dimension militaire. Tout au contraire, celle-ci demeure l’infrastructure essentielle de la puissance2.

Au-delà de ces considérations générales, le grand public commence à découvrir que la haute mer est devenue une véritable « jungle », à défaut de l’avoir toujours été. Citons ici un livre qui a retenu l’attention des grands médias – La Jungle des océans – crimes impunis, esclavage, ultra-violence, pêche illégale – du journaliste américain Ian Urbina. Comme souvent avec les reporters américains -, c’est égocentrique, sinon narcissique (le journaliste n’arrête pas de se mettre en scène) -, mais néanmoins, on confirme pas mal de choses sur les nombreuses criminalités qui s’abritent derrière l’immensité de la haute mer.

L’épistémologie du livre est quelque peu simpliste, sinon naïve, se résumant à une stricte dualité : d’un côté, il y aurait les « méchants » criminels de tous poils et de l’autre les « gentils » des ONGS, qui traquent bandits, pêches illégales et toutes espèces de trafics.

Dans cette perspective – et c’est révélateur des temps actuels -, pas de droit international maritime, pas de Zone économique exclusive (ZEE), pas d’action de l’Etat en mer, plus d’Etat ni de nation du tout… Vive l’idéologie spontanée des médias !

Or, comme on vient de la dire, derrière cet apparent chaos se profilent et s’affirment différentes stratégies navales qu’on peut classer en trois niveaux :

  1. Niveau qu’on peut qualifier d’impérial, d’ex-colonial, voire de néo-colonial : à la reproduction d’une hégémonie américaine globale – en 2018, près de 200 000 hommes, soit 10 % du personnel militaire américain, sont déployés à l’étranger dans 800 bases militaires (le plus souvent maritimes), dans 177 pays -, la Chine oppose sa stratégie dite des « Routes de la soie ».
  2. Niveau qu’on peut qualifier de « niveau intermédiaire », qui intègre et recycle un passé colonial pour présenter aujourd’hui des stratégies dites de « troisième voie » : c’est le cas de la Grande Bretagne et de la France, disposant de marines hauturière, présentes sur l’ensemble des mers et océans du globe.
  3. Enfin, le niveau de stratégies de pays émergents, ré-émergentes, sinon émergées : c’est le cas de l’Inde, du Pakistan, du Brésil, du Japon, de l’Australie et bien-sûr de la Russie, qui revient à ses sauvegardes maritimes de proximité, mais qui renoue aussi avec son mouvement ancestral vers les mers chaudes.

Dans notre premier niveau à visées hégémoniques, que font nos amis chinois ? Une grande boucle : voyons cela !

LA GRANDE BOUCLE

Entrepreneurs civils et militaires, mais aussi universitaires et acteurs du soft-power, travaillent à l’affirmation de ce que les experts maritimes appellent désormais « La Grande boucle ».

Cette boucle part de la mer de Chine méridionale, se déploie dans l’océan Indien, remonte par la mer Rouge jusqu’en Méditerranée, passe le détroit de Gibraltar pour remonter en Atlantique Nord, avant d’emprunter la « route du Nord », de Mourmansk au détroit de Béring – sur près de 4000 kilomètres – pour dépasser le Kamtchatka avant de revenir en mer de Chine : la boucle est, ainsi bouclée…

Sans surprise, ce périple n’est pas un long fleuve, sinon une longue mer tranquille.

Les problèmes se posent dès le départ : en mer de Chine méridionale à travers des présences contestées, notamment autour des îles Paracel et Spratley, opposant la Chine et le Vietnam. Dans bien d’autres zones, Pékin est en confrontation directe avec plusieurs Etats de la sous-région : Japon, Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Australie, etc.

Ces tensions, sinon ces conflits de plus ou moins grande intensité – s’ils demeurent sous la barre de conflits militaires ouverts – reviennent tous à des interprétations contradictoires du droit internationale maritime ; principalement la Convention de Montego bay, ratifiée par Pékin (comme par Moscou) en 1997.

Exemple : le 25 avril 2019, la Chine a adressé à la France une protestation officielle au motif que la frégate Vendémiaire aurait franchi illégalement le détroit de Taïwan. Faux et archi-faux, a immédiatement répondu le ministère des Armées. Le Vendémiaire a bien franchi ce détroit, mais en respectant strictement les règles internationales qui garantissent le libre transit international dans les détroits et la liberté de navigation, y compris dans les ZEE (jusqu’à 200 milles nautiques).

D’autres types de tensions s’expriment en océan Indien : il y a d’abord les conséquences de la présence chinoise dans le port militaire pakistanais du Baloutchistan – Gwadar -, qui inquiète passablement l’Inde voisine. En 2013, la Chine a conclu un accord spécial avec le Pakistan pour le développement d’un partenariat au sein du China-Pakistan Economic Corridor (CPEC). Les investissements engagés atteignent environ 65 milliards de dollars. Prenant sa source à Kashgar, dans le Xinjiang chinois, ce corridor traverse le Cachemire et descend jusqu’à la côte pakistanaise en passant par Islamabad. Au sud, le projet débouche sur deux ports : Karachi à l’est mais surtout Gwadar, à l’ouest, qui constitue un emplacement éminemment stratégique.   

Il y a aussi le canal du Mozambique et Madagascar où les prétentions économiques de Pékin se heurte – frontalement – aux intérêts français liés aux îlots de Tromelin et des Eparses.

Se posent ensuite la problématique de la mer Rouge, autour notamment de Djibouti. En juin 2017, le président Xi Jinping a officiellement inauguré la première base militaire chinoise extraterritoriale à Djibouti (capacité d’accueil de plus de 10 000 hommes), l’Etat portuaire étant devenu le « hub stratégique » de l’Afrique de l’Est. Devenu l’un des épicentres majeurs de la mondialisation, le grand jeu djiboutien n’a pas encore dit ses dernières ruses…

D’autre problèmes se posent en mer Rouge avec la confrontation Qatar-Turquie, à l’encontre de l’Arabie saoudite, notamment à partir de l’île de Suakin, juste à la hauteur du port militaire de Djeddah. Cela pour bien souligner que la mer Rouge et son prolongement par le canal de Suez constitue l’une des articulations majeures des Routes de la soie maritimes. Plus largement, le canal de Suez (qui vient d’être doublé sur son segment central) demeure l’un des pivots stratégiques de la mondialisation maritime, qui nous amène aux enjeux méditerranéens et à une implantation militaire chinoise pérenne dans le port syro-russe de Tartous.

En Méditerranée, Pékin multiplie des implantations dans les ports civils, notamment ceux du Pirée en Grèce, de Cherchell en Algérie, en Italie et au Portugal. Nous y reviendrons !

En remontant, vers l’Atlantique nord, l’enjeu le plus disputé reste le Groënland, que Donald Trump a voulu dernièrement acheter comme un vulgaire immeuble !

Concernant la route dite du « Grand Nord », les accords de coopération Russo-Chinois détermineront – à terme – un rail arctique de première importance.

Toujours est-il que « La grande boucle maritime » des Routes de la Soie ne va pas de soi… et génère nombre d’interrogations économiques et stratégiques, même si, officiellement, ce déploiement planétaire s’opère – d’abord – de manière civile, avant de révéler des aspects militaires induits à plus long terme.  

UN JEU DE GO PORTUAIRE

Dans leur stratégie des « nouvelles routes de la soie », les ports européens sont des cibles privilégiées de Pékin. Depuis la prise de contrôle totale du Pirée en avril 2016, une douzaine de ports ont vu des opérateurs chinois investir leurs quais. Se joue ici, un « jeu de G0 » planétaire.

Et Pékin n’en fait pas mystère ! Les ports européens font partie de ses cibles de sa stratégie maritime. Méthodiquement, les sociétés chinoises investissent les quais et les terminaux de conteneurs délaissés par les opérateurs privés européens et les collectivités territoriales. La prise de contrôle la plus symbolique est celle du port du Pirée, en Grèce, en avril 2016. Sous la pression de la Troïka (FMI, BCE, Commission européenne), le gouvernement grec a privatisé l’ensemble du port voisin d’Athènes. Le repreneur est un groupe chinois, COSCO, qui détenait déjà 49 % du port.

Depuis cette privatisation sans précédent dans les transports en Europe, une douzaine d’autres ports de l’Union européenne (UE) ont vu récemment débarquer des opérateurs publics chinois avec un objectif clairement affiché : prendre possession des terminaux portuaires. Les opérateurs chinois détiennent désormais plus de 10 % des capacités portuaires européennes. Cette montée en puissance provoque autant d’enthousiasme que d’appréhension, les opérateurs chinois n’hésitant pas à jouer des rivalités entre pays, entre ports, pour imposer leurs conditions. Bruxelles commence aussi à s’inquiéter de cette percée pouvant porter ombrage à la souveraineté européenne. C’est dire !!!

Du Pirée à Vado Ligure en Italie, en passant par Valence en Espagne, Zeebrugge en Belgique et enfin Dunkerque et Marseille, on constate une emprise grandissante des sociétés chinoises dans les infrastructures portuaires européennes.

Cette stratégie repose sur un concept-clé : « Le Civil d’abord, le Militaire après », concept en filiation directe des enseignements du grand stratège Sun Tzu, auteur de l’un des manuels majeurs – L’Art de la guerre – enseigné dans toutes les écoles de guerre et selon lequel, il s’agit de gagner les guerres sans les déclarer…

Dernièrement, l’Amiral Christophe Prazuck – qui est le chef d’Etat-major de la Marine nationale française – a rappelé qu’en moins de quatre ans, Pékin avait mis à flot l’équivalent du tonnage de la totalité de la marine militaire française, à savoir plus de 80 bâtiments ! Ce rappel est significatif d’une incompressible réalité : derrière une stratégie civile d’acquisition des ports, Pékin participe et nourrit la nouvelle course aux armements qui caractérise la mondialisation contemporaine.

Mon vieil ami, le professeur Ammar Belhimer le souligne dans son dernier ouvrage – 2049, l’Année du Serpent de Terre : « le budget officiel chinois de la Défense, en constante augmentation depuis les années 1990, classe Pékin désormais au deuxième rang mondial derrière Washington avec en 2008, 5,8% des dépenses mondiales, soit 84,9 milliards de dollars – en augmentation de 194% entre 1999 et 2008. On reste tout de même loin des 600 milliards de dollars votés par le Congrès américain à l’armée des Etats-Unis en 2018 », ajoute-t-il. Aujourd’hui, le budget américain de la défense dépasse les 750 milliards de dollars…

Comprenons-nous bien : il ne s’agit pas ici d’accabler unidimensionnellement nos amis chinois, mais de souligner cette nouvelle course aux armements, induite par la mondialisation contemporaine.

On terminera sur ce point en citant, non pas Sun Tzu, mais deux colonels de l’armée de l’air chinoise, auteur d’un livre essentiel paru en 1997 et qui s’intitule « La Guerre hors limites »3 : « pour la guerre hors limites, la distinction entre champ de bataille et non-champ de bataille n’existe pas. Les espaces naturels que sont la terre, la mer, l’air et l’espace sont des champs de bataille ; les espaces sociaux que sont les domaines militaire, politique, économique, culturel et psychologique sont des champs de bataille ; et l’espace technique qui relie ces deux grands espaces est plus encore le champ de bataille, où l’affrontement entre les forces antagoniques est le plus acharné. La guerre peut être militaire, paramilitaire ou non militaire ; elle peut recourir à la violence et peut être aussi non-violente ; elle peut être un affrontement entre militaires professionnels ainsi qu’un affrontement entre les forces émergentes principalement constituées de civils ou de spécialistes. Ces caractéristiques marquent la ligne de partage entre la guerre hors limites et la guerre traditionnelle, et elles tracent la ligne de départ des nouvelles formes de guerre ».

Les deux colonels concluent : « en outre, il est urgent que nous élargissions notre champ de vision concernant les forces mobilisables, en particulier les forces non militaires. A part diriger l’attention comme par le passé sur les forces conventionnelles, nous devrions porter une attention spéciale à l’emploi des ‘ressources stratégiques’ intangibles comme les facteurs géographiques, le rôle historique, les traditions culturelles, le sentiment d’identité ethnique ainsi que le contrôle et l’utilisation de l’influence des organisations internationales ».

En dernière analyse, on ne peut – certes – se réjouir du retour stratégique de la Russie, de la Chine et de leurs avancées économiques et technologiques, alternatives toujours possibles à la domination sans partage du capitalisme anglo-saxon, Mais, on peut aussi continuer à exercer une raison critique face aux évolutions dont on vient de parler… Tant il est vrai qu’un grand pays – qui revendique encore l’héritage communiste de Mao et de Deng Xiaoping -, pourrait ou devrait être porteur d’autres solutions… bien différentes de celles d’un ultra-libéralisme destructeur de la planète !

Terminons par trois inquiétudes, qui excède une lecture purement personnelle…

POUR NE PAS CONCLURE : TROIS EVOLUTIONS ENTROPIQUES

Evolutions « entropiques », conformément au concept d’ « entropie » fabriqué en 1865 par le physicien allemand Rudolf Clausius à partir d’un mot grec signifiant « transformation », caractérisant un niveau inédit de désorganisation, ou d’imprédictibilité du contenu en information d’un système.

La première de ces évolutions concerne la « militarisation » des relations internationales et maritimes, je n’y reviens pas.

La deuxième touche aux « prédations », c’est-à-dire à une exploitation irraisonnée des ressources naturelles – des hydrocarbures, des minerais stratégiques, des terres rares, des forêts et de la biodiversité.

Enfin, la troisième entropie concerne la généralisation des outils numériques – Internet et « réseaux numériques », improprement nommés « réseaux sociaux », voire, et ce qui est pire « Médias sociaux ». On songe notamment aux systèmes de « reconnaissance faciale » capable d’instaurer un contrôle généralisé des populations, des citoyens, sinon des opposants politiques.

Encore une fois, il ne s’agit pas d’accabler unilatéralement nos amis chinois, mais – dans le prolongement d’une tradition bien française de l’esprit des Lumières – de souligner – répétons – les « entropies » qui viennent et qui mettent en place – sans discussion ni débat aucun – un monde dangereusement VUCA. Expliquons-nous : VUCA pour (de l’Anglais des cadres du Pentagone) VOLATILITY, UNCERTAINTY, COMPLEXITY et AMIBIGUITY – VOLATILE, INCERTAIN, COMPLEXE et AMBIGÜ, signifiant l’affirmation d’un monde en train de régresser à l’état de nature où règne la loi du plus fort et de ce que Thomas Hobbes appelait l’état « de guerre de tous contre tous ».

POST-SCRIPTUM, POUR LA DISCUSSION

A l’initiative de la France, une « Route de la soie à l’envers » s’esquisse depuis plusieurs années : la stratégie dite « Indo-Pacifique », considérée comme une « géostratégie de troisième voie » : élargir les axes vitaux de défense et de sécurité. A partir des bases et points d’appuis existants à Djibouti, Abou Dhabi, Mayotte, La Réunion et la Polynésie. En approfondissant sa coopération militaire avec l’Egypte, qui vient de moderniser le canal de Suez, la France entend consolider le sommet d’une pyramide qui va s’élargissant de la mer Rouge, de l’océan Indien jusqu’au Pacifique en renforçant trois partenariats principaux avec l’Inde, l’Australie et, dans une moindre mesure, le Japon.

Problème : contrairement au concept clé des Routes de la soie, cette « stratégie de troisième voie » repose sur le principe inverse : le militaire d’abord, le civil après. « Pour l’instant, cette grande ambition est surtout une affaire de marins et d’industriels qui se met clairement en travers de l’extension des Routes de la soie », estime un haut diplomate français, « mais il reste à cette alliance militaro-industrielle en pointillés à se concrétiser en de véritables partenariats économiques, sinon diplomatiques et politiques. Néanmoins, cette ambition Indo-Pacifique a le mérite de fixer un cap, sinon une vision ».

Si la France veut encore peser sur les affaires du monde – comme l’a réaffirmé Emmanuel Macron devant l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2018 – elle devra le faire par la mer en optimisant ses domaines maritimes et sous-marins, ses savoirs faire industriels et commerciaux, sa recherche et sa défense4. Et quelle plus belle illustration de cette volonté politique que la présence – au large – d’une Marine nationale moderne, diversifiée et opérationnelle incarnant la liberté de naviguer sur l’ensemble des mers et des océans du globe ? Merci de votre attention.

HORS DE PROPOS

En 1995 (la date est importante), l’auteur de ces lignes a l’opportunité d’interviewer le général Vo Nguen Giap (1911 – 2013) à Hanoï. Dès le début de l’entretien, dans une langue française à la Chateaubriand, le vieux militaire exprime une certaine lassitude et signifie clairement qu’il ne souhaite pas revenir, pour la énième fois, sur le déroulement de la bataille de Dien Bien Phu5, parce qu’il a bien d’autres choses à dire. Et pendant quelques 45 minutes, le général Giap critique vertement la Chine, ses responsables politiques et militaires. Il explique que Pékin a fait faire « de terribles erreurs et sacrifices humains à l’armée vietnamienne » et que « cela ne s’est pas améliorer avec le temps… ». Il conclut, à l’adresse des Français et des Européens : « Pékin vous tordra le bras, mais en souriant… ».

Quelques jours plus tard, redescendant vers Da Nang par le col des Nuages, ma voiture s’arrête à une station-gargote pour faire de l’essence. A l’intérieur trône un portrait géant du général Giap esquissant lui-aussi un léger sourire…

 
Si cet article vous a plu, aidez-nous et faites un don !





Bonne lecture et à la semaine prochaine

Richard Labévière

1 Bernard Stiegler : Dans la Disruption, comment ne pas devenir fou ? Editions Les Liens qui libèrent, avril 2016.
2 « Les mers dangereuses », dans Ramses-2020 – Rapport annuel de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Editions Dunod, septembre 2019.
3 Qio Liang et Wang Xiangsu : La Guerre hors limites. Editions Payot&Rivages, 2003.
4 Richard Labévière : Reconquérir par la mer – La France face à la nouvelle géopolitique des océans. Editions Temporis, à paraître en janvier 2020.
5 La bataille d’est déroulée du 20 novembre 1953 au 7 mai 1954.

Print Friendly, PDF & Email